Belgique

« Quand en 2004 j’ai pris congé du diocèse de Liège pour devenir évêque auxiliaire de celui de Namur, on a voulu gentiment m’offrir un GPS. J’ai marqué ma préférence pour autre chose. Plutôt que le GPS, je préférais utiliser les atlas De Rouck par province. Cela m’a permis de mieux connaître le diocèse et de mieux situer chacune des 742 paroisses ».

En nommant Mgr Pierre Warin futur évêque du diocèse de Namur (qui rassemble aussi la province du Luxembourg), le pape François a fait le choix de la continuité. Celui qui prendra la succession de Mgr Rémy Vancottem connaît très bien ce diocèse dont il est l’évêque auxiliaire depuis 2004.

Né en 1948 à Rocourt près de Liège, le futur évêque qui sera installé le 30 juin prochain ne se contentera cependant pas de cette continuité. En conférence de presse ce mardi, il a présenté un programme ambitieux pour le plus étendu, mais le moins peuplé, diocèse de Belgique.

L’avenir des églises

L’habitat de ce diocèse « disséminé en de nombreux petits villages et hameaux » rend en effet les conséquences de la sécularisation particulièrement visibles dans les provinces de Namur et de Luxembourg : les paroisses, paroissiens et prêtres sont particulièrement isolés, ce qui avait déjà obligé Mgr Mathen, en 1978, à rassembler les paroisses pour favoriser les synergies et briser les solitudes. Les prochaines années serviront également à discerner ce qui pourra être fait des églises et des lieux de culte pour certains régulièrement vides. Car si « on ne peut pas les abandonner trop facilement et qu’il faut bien réfléchir à l’avenir qui pourra être donné à ces lieux symboliques qui sont plus que des bâtiments », il est vrai que sans doute « l’Église vit-elle dans des habits trop grands », a précisé le futur évêque.

Retrouver des vocations

Ce mardi matin, Mgr Warin s’est fixé quatre défis.En citant l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François (dans l’esprit duquel il se situe pleinement), il rappelle qu’il est « nécessaire de passer d’une pastorale de simple conservation à une pastorale pleinement missionnaire ». « Le pape appelle donc les communautés à être ‘en sortie’, à vivre non pas tournées vers elles-mêmes, mais vers les autres ». Le premier défi du nouvel évêque sera donc « d’engendrer des communautés pleinement chrétiennes et qui fassent signe au monde ». Qui aillent aux périphéries. Pour évoquer celles-ci, Mgr Warin a évoqué les 15 % des familles de Belgique qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Le deuxième défi que se fixe le futur évêque sera de rendre plus attentifs les chrétiens « aux nouvelles pauvretés (parmi lesquelles les migrants) ». Le troisième sera de permettre à tous les croyants, quelle que soit leur fonction, « de déployer leur vocation spécifique ».

Enfin, Mgr Warin a fortement insisté sur l’importance de relancer les vocations de prêtres et de religieux. « La pastorale des vocations ne doit pas être le fait de quelques-uns, du seul service des vocations », a-t-il insisté en évoquant « un manque cruel de prêtres ».

Revenant sur la question de l’ordination d’hommes mariés, Mgr Warin a expliqué qu’il s’agissait « d’une possibilité qui pourrait être exploitée ». « Mais je ne pense pas que cela soit la solution, car une solution d’ordre fonctionnel ne sera pas suffisante pour raviver le nombre de vocations», a-t-il d’emblée ajouté. « Si nous souhaitons de nouveaux prêtres, il est important aussi de reconstituer le terreau chrétien. » « S’il y a crise des vocations, n’est-ce pas parce qu’il y a davantage crise des croyants ? » Toujours sur la question du célibat, Mgr Warin a rappelé que celui-ci « convenait plutôt » au ministère de prêtre. « Je suis prêtre depuis 46 ans, a-t-il conclu, et je veux dire que le chemin du célibat est un chemin possible. Pas facile, mais possible, et qui ne rend ni triste ni amère. L’amitié intense avec le Seigneur et le don de toute sa vie est source d’un épanouissement profond. Je ne regrette pas d’être devenu prêtre ».

Choisi par le pape au sein d’une liste de trois noms remise à Rome par le nonce en Belgique (le diplomate du pape), Mgr Pierre Warin sera installé le 30 juin prochain à 15 heures à la cathédrale Saint-Aubain à Namur.