Michelle Martin, femme soumise et fragile

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Michelle Martin, femme soumise et fragile
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La personnalité de Michelle Martin a été décortiquée lundi par les témoins devant la cour d'assises d'Arlon. Le portrait qui a été dressé est celui d'une femme fragile, marquée par un état dépressif chronique et dépendante à l'image masculine.

L'enfance de Michelle Martin a été marquée par le décès de son papa, alors qu'elle n'était âgée que de 6 ans. Cette disparition a plongé la maman dans la dépression.

Petite fille studieuse, intelligente, sociable, travailleuse et polie, Michelle Martin a été étouffée par une maman très autoritaire. Elles ont vécu en fusion à deux, Michelle Martin dormant dans le même lit que sa maman jusqu'à l'âge de 18 ans.

A 21 ans, à peine diplômée, la jeune institutrice a rencontré Marc Dutroux. Un homme charmeur, qui a su l'écouter. "C'était une bouée de sauvetage par rapport à ma mère. Il est devenu mon Dieu comme mon père l'était", avait expliqué Michelle Martin. La jeune femme s'est accrochée à son ami, qui était pourtant marié. Elle a accepté ce statut et a accepté les coups. Les témoins ont déclaré qu'elle était totalement soumise à celui qu'elle a finalement épousé en 1988, en prison. Si elle ne l'a pas quitté et a accepté de faire ce qu'il lui demandait, c'est "pour ses enfants". "J'ai honte. Je culpabilise pour les filles décédées. Mais j'ai été torturée physiquement et moralement. Je ne voulais pas perdre mes enfants qui sont et qui resteront le seul but de mon existence", avait déclaré Michelle Martin aux enquêteurs.

Les experts psychiatres ont relevé le caractère fragile de l'accusée. Ils ont remarqué qu'elle était capable du contrôle de ses actes et ne présentait pas de dangerosité mais ont souligné que sa fragilité psychologique la rendait vulnérable au stress émotionnel. "Depuis son enfance, son sentiment d'abandon la pousse à s'accrocher à un objet ou à une personne dont elle devient dépendante. Elle ne possède aucune autonomie et fusionne avec la personne qui la rassure", a souligné le psychologue Christian Mormont. "C'était un oiseau pour le chat", a commenté un de ses anciens instituteurs.

La personnalité de Michelle Martin a cependant évolué au cours de ces dernières années. Si elle est arrivée destructurée et hagarde à la prison de Namur en 1996, elle est maintenant intégrée parmi les autres détenues et montre, selon la directrice de la prison, "une certaine force tranquille". "Arrivée comme engluée dans cette horrible histoire, elle est devenue au fil du temps plus forte", a pour sa part commenté Patricia Mouart, aumônier protestant. "Michelle Martin n'a pas le profil classique des détenues. Elle dénote par son profil socioculturel. Elle a conscience des règles et les respecte", a précisé la directrice, Valérie Lebrun.

Quelques témoins ont de nouveau évoqué la personnalité de Marc Dutroux. Un élève et un professeur de l'Université du Travail, où l'accusé apprenait l'ébénisterie, l'ont décrit comme quelqu'un de vantard, qui se retranchait derrière son sentiment de supériorité. Il était surnommé "Monsieur Je sais tout".

D'autre part, la cour a ordonné la réaudition de l'ancien gendarme de Charleroi, René Michaux. La demande avait été formulée par le conseil de Marc Dutroux, Me Xavier Magnée, et soutenue par la défense de Michel Nihoul.

Dimanche, sur le plateau de l'émission "Controverse" (RTL-TVi), René Michaux a notamment évoqué un "arrangement" entre la gendarmerie et le monde politique pour lui faire porter la responsabilité de l'échec de l'enquête Dutroux. Il a laissé sous-entendre que tout n'avait pas été dit lors de son audition par la cour. René Michaux sera finalement appelé une deuxième fois à la barre des témoins.

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