Belgique

Après plusieurs réunions de concertation entre différents acteurs, 140 places d'accueil temporaires ont été trouvées pour les migrants qui dormaient dans des conditions sanitaires déplorables à la gare de Bruxelles-Nord.

Ce jeudi soir, des équipes de bénévoles de la Croix-Rouge, de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés et du Samusocial se sont réunies à la gare de Bruxelles-Nord afin de proposer un hébergement aux personnes les plus vulnérables. 148 personnes ont pu être logées, 50 sont restées sans solution d'hébergement. Nom de l'action menée par les bénévoles hier soir : "Opération pousser les murs"

Leur situation sera ensuite évaluée pour définir un accompagnement adéquat : social, médical, démarches pour une demande d'asile, prise en charge pour les mineurs, etc. Cette mesure est prise "à titre temporaire", indique la Plateforme citoyenne, "afin de répondre à l'urgence humanitaire et sanitaire frappant les personnes sur places dont la situation se détériore jour après jour".

De son côté, la ministre en charge de l'Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD) se réjouit d'avoir dégagé une solution, laquelle repose sur la Région bruxelloise. En effet, les migrants seront accueillis dans les centres d'accueil pour personnes sans-abris, dont la gestion incombe au pouvoir régional. Sur les 140 places ouvertes, 60 sont gérées par la Croix-Rouge, 40 par le Samusocial et 40 par la Plateforme citoyenne. "Ce n'est pas le rôle de Fedasil de loger les personnes en séjour irrégulier", explique le porte-parole de Maggie De Block. 

Selon la ministre, les migrants recevront, dans ces centres d'accueil bruxellois "de l'information sur mesure de la part de Fedasil (l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile, NdlR) à propos du retour volontaire ou des procédures d'asile". Ce dispositif existe depuis 2014 (il avait été créé pour les familles avec enfants en séjour irrégulier) et sera donc étendu. "Nous avons beaucoup de relais sur le terrain pour toucher un maximum les personnes sans titre de séjour pour leur faire connaître notre programme de retour volontaire mais aussi la procédure à suivre s'ils souhaitent demander la protection internationale", commente-t-on chez Fedasil. Les personnes qui envisageront un retour volontaire pourront être accueillies dans leur réseau.

Du côté de la Plateforme citoyenne, une forme de soulagement est ressentie : les personnes qui dormaient à la gare du Nord vivaient dans des conditions insalubres. "Après dix jours de concertation, Maggie De Block envoie des travailleurs de Fedasil pour informer les migrants sur le droit d'asile. Et confirme qu'il faut organiser un accueil d'urgence, informer les personnes sur leurs droits... Au fond, c'est de l'information et de l'orientation, ce qu'on demandait depuis longtemps", note Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne. 

Maggie De Block précise que les migrants qui retourneront à la gare du Nord seront interceptés par la police et placés en centre fermé en vue d'un retour. Le hic : les places en centre fermé manquent. Certains pays refusant de reprendre leurs nationaux, il n'est par ailleurs pas garanti qu'un transfert en centre fermé mène à une expulsion. Interrogé sur le manque de places en centre fermé, le porte-parole botte en touche. "Nous allons nous arranger pour que cela arrive", commente-t-il. "Les gens ne doivent plus dormir dans ces conditions inhumaines. L'excuse utilisée jusqu'ici étaient de dire qu'ils n'étaient pas informés sur le droit d'asile. Nous allons le faire."

Selon l'Office des Étrangers (OE), les nationalités les plus représentées parmi les migrants de transit sont les Syriens, les Irakiens, les Soudanais et les Érythréens. Il n'y a pas de rapatriements vers la Syrie. Ceux vers le Soudan sont rares et font l'objet de vérifications accrues, suite à l'affaire dite des Soudanais. Quant à l'Irak et l'Érythrée, les rapatriements existent mais sont peu nombreux. Les personnes originaires de ces pays ont de bonnes chances d'obtenir l'asile. D'après les chiffres du Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA), les Syriens, les Irakiens et les Érythréens figurent dans le top 5 des demandeurs qui obtiennent le statut de réfugié en 2019. Les Soudanais ne font en revanche pas partie du top 10 des demandeurs de protection internationale. 

Une opération de police est actuellement en cours dans le parc Maximilien et une autre est prévue à la gare du Nord à 11h. Les bus De Lijn passeront de nouveau par la gare du Nord, dès ce soir ou demain matin.