DROIT DE RéPONSE

Droit de réponse suite à l’article "Shoah : vers des excuses royales ?" de la main du journaliste Christian Laporte et publié dans La Libre Belgique le 29 janvier 2013. Selon l’auteur, nous "exigeons" dans l’un de nos articles d’opinion qui est paru dans le De Standaard, des excuses royales pour le rôle de la Cour pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cependant, Monsieur Laporte se trompe deux fois en écrivant cela. Dans notre lettre, nous n’"exigeons" rien, car il ne nous revient pas d’exiger quoi que ce soit. Nous avons seulement "lancé un appel" pour un acte qui nous semblerait bon. L’auteur change notre proposition positive en une condition négative et détermine par là le ton du reste de son article. Deuxième point : les termes "sorry et excuses" n’apparaissent nulle part dans notre texte. Louis Davids l’a déjà dit : "J’ai lutté durant toute ma vie contre les traumatismes de guerre de ma jeunesse. Des excuses, ce n’est pas ce qui va tout arranger pour moi." Ce que nous prônons est une reconnaissance de la part du Roi de la responsabilité de l’Etat dans certains actes pendant la guerre. Cela peut vous paraître une simple nuance de petite taille, mais elle n’en est pas moins importante. L’on pourrait interpréter la première version comme un ordre donné à quelqu’un de ramper dans la poussière; la deuxième recevrait plutôt la lecture suivante : une demande de reconnaissance des faits de façon adulte et mature. Le fait que Louis Davids fût enfermé dans la caserne Dossin à Malines et fût déporté par la suite, un élément crucial, nous semble-t-il, a été tu par le journaliste. Pourquoi ? Dans le sous-titre, nous lisons la formulation "une exigence flamande ". Cette insinuation est non seulement stigmatisante mais en plus incorrecte si l’on sait que l’ancien président de l’organisation coupole la plus importante du monde francophone belge a lancé exactement la même idée en 2009. Le journaliste de l’article est au courant de ce fait important, étant l’auteur d’un article à ce sujet à l’occasion. Et en fin, à notre suggestion de promouvoir une recherche indépendante dans le passé de la famille royale, l’auteur répond que ce serait superflu puisqu’il y a déjà un livre à ce sujet, paru en 1994. Cet argument n’est malheureusement pas valable car il ne s’agit pas là d’une enquête officielle. D’ailleurs, l’épouse de Léopold III n’a rendu accessibles pour l’université de Louvain-la-Neuve les archives politiques de son mari qu’en 2004, c’est-à-dire dix ans après la publication du livre précité. De même, ses archives privées, qui contenaient notamment une correspondance écrite avec Adolf Hitler et Mussolini, n’avaient pas été ouvertes au public. L’auteur de cet article est lui-même l’auteur d’une biographie d’Albert II, avec qui il a de bonnes relations. Il est donc certain que l’auteur soit au courant de ces faits. Nous ne pouvons dès lors classer cet article dans une autre catégorie que celle d’une lecture malintentionnée de notre article éditorial. Il s’agit peut-être d’une préoccupation de risque communautaire, cela est certainement possible. Mais si entretenir une position pro-belge signifie que la vérité doit être tue, alors nous avons à faire à un encontre frontale avec l’éthique journalistique. Les signataires de ce droit de réponse sont loin d’être en froid avec la famille royale. Nous sommes convaincus que le Roi, avec le bon caractère que nous lui connaissons, n’aurait aucun problème à répondre à notre demande. Mais nous nous rendons bien compte du fait que tout le monde ne possède pas des traits de caractère aussi nobles.

Note de la rédaction

La loi sur le droit de réponse nous impose de passer ce texte. Trois remarques : si dans le chapeau du papier, nous évoquions une demande flamande, c’est parce qu’elle l’est bel et bien ! "Joods actueel" et Louis Davids n’ont jamais caché leurs sentiments très pro-flamands ce dont atteste un livre récent sur le second.

MM. Freilich et Davids considèrent comme négligeable l’étude des Prs Herman Van Goethem et Jan Velaers sur "le Roi, le Pays, la Guerre" paru chez Lannoo. Sur base des archives disponibles dans les années 90, ils démontraient qu’un triste vent antisémite soufflait sur le Palais royal. La mise au jour d’autres archives privées n’y apporterait pas d’éléments nouveaux. Précision encore : Herman Van Goethem est le curateur de Kazerne Dossin, le musée de la Shoah à Malines.

Quant au fait que l’auteur de l’article tairait des éléments à charge de la famille royale parce qu’il a écrit un livre (sérieux) sur Albert II "avec qui il a de bonnes relations", c’est lui faire un procès d’intention car en ce domaine comme dans d’autres Christian Laporte est avant tout journaliste