Une cinquantaine de manifestants ont pris position, samedi vers 16H15, devant le centre fermé pour illégaux à Merksplas. La manifestation est notamment une réponse à l'arrestation de plusieurs sans-papiers qui avaient manifesté à Bruxelles, et au suicide d'un Camerounais qui était enfermé à Merksplas dans l'attente de son expulsion.

Les manifestants - des étudiants de l'ULB et des membres de l'UDEP (Union pour la défense des sans-papiers), ainsi que quelques sympathisants - ont été encadrés par des policiers provenant de plusieurs zones de la région. L'accès au centre a été interdit aux voitures et les manifestants ont donc fait le chemin à pied.

La manifestation n'était pas autorisée officiellement mais elle a été tolérée par la police. Les militants ont ainsi pu crier des slogans et déposer des fleurs aux grillages du centre fermé.

Les militants ont une nouvelle fois dénoncé l'intervention musclée de la police de Bruxelles, mardi dernier. Douze sans-papiers avaient alors été arrêtés. Neuf de ceux-ci ont été depuis envoyés au centre fermé de Merksplas et les trois autres sont détenus au centre fermé pour illégaux à Vottem, près de Liège.

Manifestation à Vottem

Une soixantaine de personnes, dont certaines venues de l'ULB, ont répondu samedi après-midi à l'appel du CRACPE (collectif de résistance aux centres pour étrangers) et se sont rassemblées devant le centre fermé de Vottem.

Cette manifestation, comme celle qui se déroulait au même moment à Merksplas, faisait notamment suite à l'arrestation de 12 sans-papiers mardi lors d'une action devant l'Office des étrangers à Bruxelles. Ces sans-papiers arrêtés ont été enfermés depuis à Merksplas et à Vottem. L'action visait aussi à protester après le décès par suicide d'un jeune Camerounais au centre fermé de Merksplas.

"Notre principale revendication est toujours la suppression des centres fermés et l'arrêt des expulsions. Mais nous plaidons aussi pour la mis en application de la circulaire sur les régularisations. Depuis sa mise en place, il y a deux mois, le gouvernement n'a pas avancé sur le sujet. Nous exigeons la mise sur pied d'un moratoire", a expliqué France Arets (CRACPE).

Lors de la manifestation, les membres du CRACPE ont pu s'entretenir, par grille interposée, avec quelques sans-papiers. Ces derniers ont notamment dénoncé le manque de suivi médical au sein de l'établissement. L'un d'eux a évoqué un cas d'hépatite B non soigné.

Les manifestants n'ont par contre par pu entrer en contact avec les Guinéens arrêtés lors de la manifestation car ceux-ci n'avaient pas pu bénéficier de l'accès au préau ce samedi après-midi.