Philippe Close: "On ne peut pas laisser la voiture envahir à chaque fois l'espace public, les Belges doivent s'habituer"

Six ans après sa création, Philippe Close (PS) dresse un bilan positif du piétonnier du centre-ville de Bruxelles.

Philippe Close: "On ne peut pas laisser la voiture envahir à chaque fois l'espace public, les Belges doivent s'habituer"
© BELGA

Philippe Close était interviewé lors d'une séquence de la matinale de la Première. Il a abordé le dossier du piétonnier du centre-ville de Bruxelles, dont la naissance remonte à juin 2015, et les nombreuses choses qui lui sont depuis reprochées. Insécurité, manque d'attractivité, problèmes de mobilité : le bourgmestre de la Ville de Bruxelles dresse le bilan du projet qui a redessiné le centre-ville bruxellois.

L'insécurité, fléau du piétonnier

Le sentiment d'insécurité sur le piétonnier est un problème qui a émergé dès le début des travaux, en 2017. Quatre ans plus tard, Philippe Close assure que la sécurité n'est "jamais complètement atteinte" et qu'elle ne dépend "pas que du travail de la police". Selon lui, un travail d'accompagnement social est également nécessaire. "On a pris des arrêtés concernant la consommation d'alcool dans le piétonnier, mais ce n'est pas pour ça que le problème est résolu. Régler l'insécurité c'est évidemment une affaire de police et de justice, mais il faut une approche sociale".

"Le piétonnier c'est d'abord une ambition de récupérer de l'espace public. Je pense qu'aujourd'hui il n'y a plus aucun parti sérieux qui voudrait remettre 4 bandes de voitures sur le piétonnier. Tous ceux qui l'ont contesté doivent s'accorder pour dire que c'est définitif, par contre il faut continuer à améliorer l'habitabilité des lieux", souligne le bourgmestre.

Un projet touristique ?

Autre souci : le manque d'attractivité pour les habitants du quartier. La Plateforme Pentagone, qui représente les habitants et les associations du centre-ville, regrette un projet qu'elle considère comme essentiellement touristique et comme un "lieu d'expulsion" pour les habitants. Un avis que Philippe Close ne partage pas. "Aujourd'hui on a plein de projets immobiliers, justement avec des logements. Des immeubles de bureau qui se transforment en logements, c'est quand même exceptionnel. Et on a quand même des entreprises qui viennent s'installer", rappelle l'élu bruxellois.

"Il y aura toujours des gens qui sont contre, c'est normal", concède Philippe Close. "Ce qui nous parle, c'est le fait qu'il y ait de plus en plus d'habitants dans le centre-ville. On doit bien sûr faire attention à la densification urbaine car ça doit rester convivial, raison pour laquelle on dégage l'espace public pour avoir plus d'espace pour respirer, la pandémie nous l'a montrée", explique-t-il. "Aujourd'hui, il faut bien constater que le centre-ville a la cote et de plus en plus de personnes viennent y habiter."

La mobilité : dossier épineux

Enfin, le bourgmestre a abordé le sujet de la mobilité sur le piétonnier. Pour de nombreux commerçants, les clients sont freinés en raison de soucis liés à la mobilité. "On ne peut pas laisser la voiture envahir à chaque fois l'espace public. Les Belges doivent s'habituer", estime Philippe Close. "On a gardé des grands axes de pénétration en voiture, je veux le redire. On n'a pas banni la voiture, mais on a hiérarchisé. Et c'est vrai que dans cette hiérarchie, il y a les piétons, le vélo, les transports en commun et puis la voiture". Le bourgmestre insiste toutefois : il est toujours permis de venir en voiture, mais il est alors nécessaire d'aller se garer dans un parking.