Le gouvernement continue d'investir en mobilité: une vingtaine de nouveaux radars prévus pour 2023 à Bruxelles

Le gouvernement bruxellois a opté pour un renforcement des moyens dévolus l'an prochain à la mobilité, malgré le contexte de crise. Sans en remettre le principe en cause, l'opposition n'a pas manqué mardi de poser de nombreuses questions sur leur affectation.

 Les caméras permettront de verbaliser les camions traversant l’entité malgré l’interdiction ou de contrôler la vitesse.

Avec un budget pour la mobilité s'élevant à 1,448 milliard d'euros en 2023 -125 millions d'euros de plus qu'en 2022 -, "nous prenons nos responsabilités tant vis-à-vis des Bruxellois aujourd'hui que des générations futures dans le cadre de la transition climatique", a dit d'emblée la ministre Elke Van den Brandt, exposant en détail le projet du département Mobilité pour l'année prochaine, en commission de la Mobilité du parlement.

Dans ce montant, la STIB se taille la part du lion (1,19 milliard; 16%, dont 430 millions d'euros en investissements) pour la poursuite du chantier de construction de l'axe de métro nord-sud, pour l'extension du réseau de tram et l'achat de nouveaux tramways TNG (15 à 20), la mise en œuvre des dernières étapes du Plan Directeur Bus et l'électrification progressive du charroi de bus (quatre lignes d'ici deux ans). En vue également, l'augmentation des fréquences sur les lignes de bus en soirée et le dimanche, et matin et soir sur plusieurs lignes de tram très fréquentées (3, 4, 7, 8, 25, 55), Des aménagements PMR sont prévus l'an prochain par exemple dans les stations Parc, Anneessens, Jacques Brel, Simonis et Madou.

Le gouvernement bruxellois a également décidé de prendre en charge le coût de l'indexation des salaires des milliers d'emplois de la STIB moyennant le maintien des tarifs actuels au bénéfice de la population et l'extension à la catégorie des 65+, du bénéfice de l'abonnement à 12 euros par an actuellement accordé aux jeunes.

Autre priorité du budget Mobilité, selon la ministre: la sécurité routière à laquelle 17 millions d'euros seront consacrés en 2023 afin de mettre en place la 'Vision zéro', (ndlr mort et blessé à l'horizon 2030) via des actions de sensibilisation et de prévention ainsi que des études; l'achat et l'entretien de caméras, des radars ( une vingtaine en plus), de radars-tronçon.et d''afficheurs de vitesses (une trentaine), ou encore le soutien de dépenses de fonctionnement des communes dans le cadre de la politique de sécurité routière.

Un budget total de 205 millions d'euros est enfin prévu pour l'aménagement et l'entretien de l'espace public, des voiries et des infrastructures pour tous les usagers, piétons, cyclistes, transports publics motos, et automobilistes.

Dans ce contexte, les crédits budgétaires sont prévus pour l'aménagement des quartiers dans le cadre du plan régional de mobilité Good Move. Les moyens relatifs à la mise en œuvre des plans locaux de mobilité sont confirmés. Les subsides de fonctionnement aux communes sont augmentés d'un million d'euros pour renforcer les aspects de participation et de concertation dans le cadre de l'élaboration et la mise en œuvre des plans de circulation.

L'opposition MR et N-VA a mis en doute les choix de la ministre en matière de sécurité routière, en regard de la hausse sensible des accidents mortels et avec blessés depuis le début de l'année: 3059 accidents corporels, et sept décès sur place, en neuf mois, a souligné David Weytsman (MR).

Selon lui, la tendance à l'aggravation est plus lourde à Bruxelles qu'ailleurs, ce qu' a contesté la ministre. "Combien faudra-t-il de cyclistes blessés pour que vous imposiez enfin le port du casque (ndlr: une demande partagée, dans la majorité par Marc Loewenstein - DéFI), a-t-il interrogé.

L'élu MR a également demandé à la ministre de "stopper" le plan Good Move et de prendre le temps de l'analyse de ce qui est un échec, avant tout sur la méthode. Il lui a reproché de ne pas prévoir de plan pluriannuel de rénovation des trottoirs et de persister dans le programme d'amélioration de la vitesse commerciale des transports en commun en régression "à cause des bouchons que vous créez". Il a enfin mis en doute le bénéfice budgétaire du lissage dans le temps des travaux de rénovation des tunnels routiers.

Cieltje Van Achter (N-VA) est surtout préoccupée du financement des grands projets d'infrastructure. "Nous voyons que le budget devient rouge foncé et que la dette augmente d'année en année. Entre-temps, de grands projets d'infrastructure, tels que la nouvelle ligne de métro vers Bordet, ont été lancés, mais y aura-t-il encore des moyens pour ces projets lors de la prochaine législature", a-t-elle dit.

Mme Van Achter a également déploré la mauvaise communication du gouvernement en matière de mobilité. "Presque chaque semaine, quelqu'un vient se plaindre auprès de moi de la politique de mobilité de Bruxelles, de la difficulté de s'y rendre ou de s'y déplacer. C'est dû en grande partie au manque de bonnes informations disponibles sur le sujet".

Pour Françoise De Smedt, "les politiques punitives en matière de mobilité avancent au bulldozer alors que les alternatives à la voiture manquent grandement". En attestent, selon elle, la LEZ, le stationnement toujours plus cher, les pertes de place pour se garer non compensées par un accès aux parkings hors voirie pour les riverains sans que cela leur coûte plus cher.

Aux yeux de l'élue d'extrême gauche, les travailleurs aux revenus modestes ou moyens paient le plus la note de cette politique. Sans compter que la concertation a été un échec total.

Françoise De Smedt a enfin encouragé le gouvernement bruxellois à poursuivre la baisse des tarifs de la STIB pour y attirer les automobilistes.