Le tribunal de première instance a rendu une ordonnance très attendue ce jeudi, celle sur la fermeture d'une partie du bois de la Cambre au trafic automobile. La Justice a donné raison à la commune d'Uccle en ordonnant la réouverture de la boucle sud.

L’ordonnance, que La Libre a pu se procurer, fait état notamment du fait que "la Ville de Bruxelles a commis plusieurs fautes d'une importance majeure en lien direct avec le préjudice subi par les demandeurs. Ces erreurs manifestes d'appréciation l'ont conduite à adopter une ordonnance (...) qui se révèle in fine entachée d'illégalité en ce sens qu'elle prévoit de fermer à la circulation la boucle dit 'sud', autorisant toutefois le passage du bus 41 de la Stib, des véhicules prioritaires, de transport organisé et de bus scolaires, de sorte qu'il y a lieu d'en écarter l'application en vertu de l'article 159 de la Constitution. Ce constat d'illégalité rend superfétatoire l'examen des autres griefs invoqués par les parties".

La ville de Bruxelles doit trouver des alternatives d’ici 30 jours sous peine d'une astreinte de 2500 euros par jour de retard. 

"Le Tribunal vient de condamner la Ville de Bruxelles à prendre toutes les mesures pour mettre fin à la situation d'illégalité concernant l'actuelle fermeture du bois de la Cambre", a tweeté Boris Dilliès, le bourgmestre d'Uccle.


Fin septembre, via une requête en intervention volontaire dans le cadre du litige qui oppose Uccle à la Ville de Bruxelles,14 particuliers et sociétés, parmi lesquels la Villa Lorraine, le cercle d'affaires B19 et le club sportif David Lloyd, se sont opposés au plan de mobilité actuel dans le bois de la Cambre. Ils invoquaient une violation de la Constitution par le collège de la Ville et dénonçaient l'absence de concertation préalable.

Pour rappel, les décideurs politiques de la capitale tentent de trouver tant bien que mal une solution structurelle de mobilité dans et aux abords du bois de la Cambre. La Ville de Bruxelles, le gestionnaire, et la Région bruxelloise qui ont actuellement des majorités politiques symétriques (PS/Écolo/Défi) partagent la même vision de mobilité pour l’avenir de ce bois : le piétonniser et en faire une zone verte et de loisirs. Uccle et Rhode-Saint-Genèse, qui font partie des communes avoisinantes directement impactées par la fermeture partielle du bois, ne partagent pas cette vision. Elles contestent par ailleurs le fait qu’une seule piste de solution, celle privilégiée par la Ville et la Région, soit testée sur le bois : l’ouverture à la circulation automobile de l’avenue de Diane en double sens, de Louise à De Fré avec un accès à Churchill ainsi que la fermerture intégrale de la boucle sud du bois.

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