A l'approche du Brexit, le syndicat socialiste du transport UBT tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué publié vendredi, l'UBT s'inquiète du sort des chauffeurs de camion belges qui risquent "de payer la facture" de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"Une chose est certaine : le simple citoyen britannique paiera la facture du Brexit. Mais les chauffeurs de camion belges risquent également d’en faire les frais." L'Union belge du transport UBT-FGTB ne cache pas son inquiétude quant aux conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sur les routiers belges

Selon le syndicat, le Brexit risque de provoquer d'interminables files d’attente aux frontières, qui ne seront pas sans conséquences sur le bien-être des chauffeurs. "Un test 'en direct' réalisé il y a quelques mois du côté britannique a montré que les temps d’attente risquent d’atteindre deux à trois jours", signale l'UBT dans un communiqué.

Et pour son président Frank Moreels, il est grand temps que les autorités interviennent. "Il faudra des parkings (tampon) surveillés et sécurisés, équipés d’installations sanitaires décentes. Notre crainte est qu’on improvise une nouvelle fois, que les chauffeurs soient contraints d’attendre dans le froid et la pluie, sans avoir accès aux facilités nécessaires et au confort élémentaire auxquels ils ont droit”, dit-il.

Ces blocages à la frontière augmenteront le risque que des réfugiés tentent de monter à bord des camions, souligne le syndicat. “Nos chauffeurs en ont ras-le-bol, ils sont menacés par des bandes de trafiquants ou par des transmigrants qui tentent par tous les moyens de monter à bord de leur camion, menaçant l’intégrité physique des chauffeurs. Pour cette raison, des firmes de transport évitent de rouler encore sur la Grande Bretagne”, déclare Frank Moreels.

Protéger les chauffeurs des intrusions

Et d'évoquer la proposition faite par la N-VA visant à considérer comme une infraction pénale le fait de s’introduire dans un camion. "Mais les vrais criminels, ce ne sont pas les réfugiés mais les trafiquants. Par ailleurs, on peut s’interroger sur les bases juridiques et la mise en œuvre pratique d’une telle proposition. Entre-temps, on oublie de parler d’une solution ou d’une protection des chauffeurs. L’augmentation du nombre de parkings et leur sécurisation pourraient constituer une solution qui empêche les transmigrants de s’introduire dans un camion", souligne l'UBT.

“Nous réclamons depuis des années déjà un renforcement des contrôles policiers sur les parkings autoroutiers. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit. Les services de police compétents souffrent d’une sous-occupation flagrante et ne sont donc pas en mesure d’assurer cette mission. Ce gouvernement, qui a fait de la sécurité une priorité, se montre très peu actif dans ce domaine”, affirme Frank Moreels.