La zone 30, passage obligé vers l'objectif 0 décès à Bruxelles: l'expérience d'Helsinki tend à accréditer cette thèse si l'on en croit les chiffres de la mortalité routière de l'année 2019 dans la capitale finlandaise.

Selon la maire-adjointe d'Helsinki, qui applique le 30 à l'heure sur quasi tout son territoire, on n'a en tout cas déploré aucun décès de piéton l'an dernier. Pour être complet, on a tout de même déploré, dans cette ville de près de 700.000 habitants, 4 décès (3 occupants de voitures et 1 motocycliste) en 2019, mais on est en tout cas loin des 20 morts par an comptabilisés il y a une vingtaine d'années.

Helsinki s'est lancée très progressivement dans l'abaissement de la vitesse du trafic depuis les années 90, trop lentement, si l'on en croit la maire adjointe en charge de l'urbanisme et de l'environnement.

Tout comme le maire de Grenoble, Eric Piolle, Anni Sinnemäki participait mercredi en fin de matinée à une vidéoconférence de presse organisée par Bruxelles Mobilité et la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen), à trois semaines de l'entrée en vigueur de la quasi généralisation du 30km/h à Bruxelles.

A partir du 1er janvier, la limite de 30km/h deviendra la règle dans la capitale. Certains axes structurants seront considérés comme des exceptions. La vitesse y sera limitée à 50 ou 70 km/h, à condition d'y trouver une indication spécifique.

Dans les zones de rencontres, la vitesse autorisée sera de 20 km/h.

Au niveau de la capitale belge, avaient également pris part à la conférence de presse de mercredi, outre les nombreux participants des secteurs de la mobilité, du monde universitaire, et des zones de police, les bourgmestres d'Ixelles, Christos Doulkeridis (Ecolo), et de Schaerbeek, Cécile Jodogne (DéFI). Ceux-ci ont témoigné des expériences déjà menées par leurs communes respectives en la matière.

Selon sa bourgmestre, Schaerbeek a agi sur plusieurs leviers pour obtenir l'adhésion progressive de la population à la mesure.

Parmi ceux-ci, elle a adopté une politique de sanction adaptée, non exclusivement axée sur le volume des contrôles, mais sur le choix des lieux plus accidentogènes, ainsi que la proximité des écoles, en associant des groupements de citoyens, et en menant des actions de prévention auprès des parents et enfants dans les écoles.

Pour Christos Doulkeridis, c'est essentiellement au travers de l'aménagement de l'espace public et de son meilleur partage que le pari sera gagné.

Selon la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt, Bruxelles est en tout cas prête à franchir le pas de la ville 30 en janvier grâce au travail accompli par de nombreux acteurs régionaux et locaux, la vaste campagne de communication, lancée au début du mois, et l'installation en cours des panneaux de signalisation adéquats. Mais le projet prendra davantage d'envergure au cours des prochaines années, à travers, précisément les adaptations physiques de l'espace public par "mailles" (quartiers) à raison de cinq mailles par an pendant dix ans.