Dans 3 ans et demi, la Wallonie disposera des premières autoroutes connectées d'Europe, capables notamment d'adapter leur éclairage à la densité du trafic. 

C'est en tous cas l'un des objectifs du Plan Lumières 4.0 présenté vendredi midi à Fleurus (Hainaut). Développé par le consortium LUWA, issu d'un partenariat entre le privé et le public (PPP), ce plan prévoit la rénovation complète des équipements d'éclairage public sur les 2.700 km d'autoroutes et de routes nationales au sud du pays. Au total, quelque 110.000 points lumineux - actuellement au sodium - seront progressivement remplacés par des éclairages LED, moins énergivores et à la durée de vie sensiblement plus longue. Ce changement, couplé à un système de variation de l'intensité lumineuse, permettra, à terme, de réaliser 76% d'économies d'énergie, évitant dans la foulée quelque 166.000 tonnes d'émissions de CO2 tout en réduisant la pollution lumineuse, se sont félicités les différents acteurs du dossier.

Les points lumineux modernisés seront par ailleurs équipés de systèmes de télégestion et de plusieurs types de capteurs, permettant une modulation de l'intensité lumineuse en fonction de la circulation ou de la météo ainsi qu'une gestion à distance via le nouveau centre Perex, le centre de surveillance du trafic situé à Daussoulx.

Le consortium déploiera également, sur l'ensemble des autoroutes et des échangeurs, des Unités Bord de Route (UBR), intégrant le capteur de trafic Bluetooth mais aussi la technologie V2X (Vehicule to everything) destinée à la communication avec les véhicules connectés. "Les autoroutes wallonnes deviendront ainsi les premières autoroutes connectées d'Europe, prêtes à accueillir les futurs véhicules autonomes", a souligné Bertrand Vanden Abeele, le directeur général de LUWA.

"C'est un projet ambitieux, que l'on peut évidemment voir sous l'angle de la sécurité routière mais qui conduira également à d'importantes économies d'énergie et qui préserve la biodiversité, avec notamment le respect des zones Natura 2000", s'est pour sa part réjoui le ministre wallon de l'Energie, Philippe Henry (Ecolo). "Il permettre en outre la création de 400 emplois en Wallonie", a-t-il ajouté.

Les travaux, qui s'étaleront durant 14 trimestres, se dérouleront majoritairement de nuit sur les axes présentant un trafic important, afin de minimiser l'impact sur la mobilité des usagers tout en préservant la sécurité des équipes. Ils ont débuté en octobre sur l'autoroute E25 près de Bastogne.

L'ensemble du projet représente un budget de quelque 600 millions d'euros sur 20 ans, financé par la SOFICO, la société wallonne de financement complémentaire des infrastructures.