Un terrible accident de la route a fait deux morts, dimanche, vers 4 h du matin, à Hoves, dans l’entité de Silly (Hainaut). A l’abord d’une chicane, le chauffeur d’une camionnette, à bord de laquelle se trouvaient 10 passagers, a perdu le contrôle de son véhicule qui circulait, apparemment à vive allure, chaussée d’Enghien. Il semble que lui comme ses passagers n’avaient pas mis leur ceinture de sécurité.

D’après le bourgmestre de Silly, Christian Leclercq, les victimes de cet accident sont des jeunes Belges. Quoi qu’il en soit, 11 personnes étaient à bord de la camionnette, marquée aux couleurs d’une entreprise de nettoyage. Le véhicule venait de Soignies et roulait vers Enghien sans doute dans le but de prendre l’autoroute vers Bruxelles.

Le conducteur a dû être désincarcéré et a subi un contrôle d’alcoolémie par prise de sang. Deux de ses passagers ont été tués sur le coup. Plusieurs autres ont été emmenées dans un état grave dans les hôpitaux de la région.

Un bilan catastrophique

Ce drame s’est produit quelques jours après qu’on eut appris que, malgré une légère amélioration au cours du 3e trimestre, le bilan des accidents de la route en Belgique en 2019 est très mauvais. Pendant les neuf premiers mois de l’année, on a comptablisé 372 décès sur place contre 319 pendant la même période en 2018. Parmi les paramètres les plus inquiétants, les accidents mortels impliquant un jeune conducteur (18-25 ans) ont fortement augmenté. Dans l’ensemble du pays, 63 jeunes ont perdu la vie contre 37 l’an passé. Pour la Wallonie, on est passé de 17 morts à 37.

Dimanche, Benoît Godart, porte-parole de l’Institut Vias, nous expliquait que, d’après les témoignages recueillis auprès des zones de police, l’alcool au volant était en cause mais que, plus encore, c’est la conduite sous influence de drogue qui est devenue un phénomène inquiétant. “La zone Boraine a lancé sa campagne Bob vendredi par des opérations de contrôle révélatrices. Le premier jeune contrôlé positif l’était au cannabis”, nous confiait Benoît Godart, qui cite l’enquête sur l’insécurité au volant du début de l’année. Elle révélait qu’un jeune Wallon sur cinq avouait avoir roulé sous l’influence de la drogue le mois précédent le sondage.

Or, alcool et drogue ont des répercussions sur la conduite: les réflexes sont émoussés, les temps de réaction s’allongent, le conducteur à tendance à rouler plus vite, etc.

La Wallonie trop laxiste ?

L’enquête dira si le conducteur de la camionnette accidentée à Hoves était ivre ou sous influence mais une fois encore, la vitesse est en cause. “Elle est responsable d’un accident mortel sur trois”, commente Benoît Godart. “Hélas, en Wallonie tout particulièrement, on continue à ne pas la considérer comme un problème. Les usagers réagissent même souvent mal aux campagnes dénonçant les excès de vitesse et les autorités ne bougent guère. Exemple: aucun radar-tronçon n’a été installé dans le sud du pays sous l’ancienne législature. Il va falloir serrer la vis.”