Mobilité

Les opérateurs ferroviaires jugent que la coordination des travaux sur les voies laisse à désirer.

Les relations entre la SNCB et Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, officiellement toujours "au beau fixe", se tendent. Pour comprendre, un rapide saut dans le passé s’impose. Vendredi, une dépêche de l’agence de presse Belga faisait état d’une demande des opérateurs ferroviaires actifs en Belgique pour la mise en place d’un organe de coordination prévu par la loi pour la planification et la gestion des travaux d’infrastructures. Infrabel précisait aussitôt qu’il n’avait pas attendu cet appel pour mettre sur pied ce mécanisme, selon la réglementation européenne en vigueur.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf que ce mardi, les journaux de Mediahuis rapportaient que la SNCB souhaite ajouter des trains sur certains trajets et lancer de nouvelles lignes. "Nous ne savons souvent que bien trop tard quels travaux sont prévus", y affirmait Dimitri Temmerman, porte-parole de la SNCB.

De son côté, Infrabel rétorquait : "La plupart du temps, la SNCB sait six mois à un an à l’avance où nous allons effectuer des travaux. Sauf lorsque nous devons intervenir de manière urgente et inattendue."

Cette réponse n’a visiblement pas satisfait les opérateurs ferroviaires de fret. Par voie de communiqué de presse, ceux-ci ont qualifié la réponse d’Infrabel de "choquante". "L’année dernière a été une année particulière à cause de changements dans les procédures de sécurité. L’option choisie était de privilégier les travaux de nuit pour pouvoir effectuer des coupures entières de ligne, comme cela nous a été imposé pour avoir notre agrément de sécurité. Le trafic de marchandises a donc été plus impacté par ces changements, dans la mesure où ces coupures doivent intervenir la nuit et non la journée", réagi-t-on chez Infrabel.

Pas une première

La question de la planification des travaux avait déjà été abordée en janvier en commission Infrastructures. Infrabel et SNCB avaient alors fait part de leur volonté commune de mieux travailler ensemble. Les réunions entre les deux entreprises se sont intensifiées pour éviter de prendre les navetteurs au dépourvu.

Un exemple : le groupe de travail en charge de la gestion des travaux dans la jonction Nord-Midi, prévus durant les congés de novembre, se réunit deux fois par semaine et non plus une fois. La SNCB n’a toutefois pas encore décidé quels trains circuleront pendant ces travaux, nécessaires pour l’installation de l’ETCS (système d’aide à la conduite). "Les travaux nous ont été communiqués fin 2018. Mais depuis fin juin, il s’avère que l’impact sera plus important qu’annoncé. Nous savons que ces travaux sont nécessaires et que le réseau est sous pression mais cela illustre bien le manque de coordination. Nous sommes encore une fois mis devant le fait accompli", commente Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB.