Infrabel mettra prochainement en service un réseau de caméras thermiques pour contrer le phénomène de traversée des rails sur la jonction Nord-Midi à Bruxelles. Pas moins de 30 caméras surveilleront l'intérieur du tunnel et pourront déclencher une alarme en cas de besoin.

En 2019, Infrabel a enregistré 705 signalements de marcheurs sur les rails. Cela représente un recul de 8% par rapport aux résultats précédents ainsi qu'une deuxième année consécutive de baisse. Bien que diverses initiatives ont déjà produit des résultats, Infrabel considère que le problème est encore trop important.

Le gestionnaire ferroviaire a déjà fait installer le système de détection sur la jonction Nord-Midi à Bruxelles, empruntée quotidiennement par 1.200 trains. Il s'agit d'un réseau de caméras conçues pour fonctionner dans l'obscurité. "Grâce à un ensemble de règles prédéfinies, les caméras de détection sont capables de faire la différence entre une silhouette humaine ou animale et celle d'un train ou d'un autre objet", explique le gestionnaire de réseau.

Quand il y a détection, une alarme avertit immédiatement la cabine de contrôle afin que la situation puisse être évaluée au plus vite. S'il y a effectivement quelqu'un sur les rails, le tunnel est éclairé et un message est automatiquement diffusé pour avertir l'intrus qu'il doit quitter la zone sur le champ. Un scénario est prévu pour chaque type d'incident.

L'an dernier, une personne est morte et trois autres ont été blessées en tentant de traverser les rails. En 2018, quatre personnes avaient succombé et six autres avaient subi des dommages corporels. En outre, les intrus ont un lourd impact sur la ponctualité des trains. En 2019, ils ont causé 128.820 minutes de retard, soit près de 90 jours. Les signalements étaient principalement issus de Bruxelles.

Les intrus sur les voies ne risquent pas seulement leur vie mais aussi une amende salée. "Le fait de marcher sur les rails constitue une grave infraction punissable d'une amende allant de 80 à 2.000 euros", prévient Infrabel. Enfin, les contrevenants s'exposent aussi à une peine de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans de réclusion.

Les chiffres relatifs aux incidents sont aussi révélés par Het Laatste Nieuws et La Dernière Heure, vendredi.