Les opérateurs dressent un premier bilan. De Lijn chiffre à 35 millions le manque à gagner lié à la crise sanitaire.

C’est un constat doux-amer qu’a dressé la Stib lors de la présentation de son bilan annuel ce mardi. Alors que tous les chiffres indiquent une croissance constante depuis des années, les perspectives pour 2020 laissent entrevoir un horizon plus sombre. Le gestionnaire du transport public à Bruxelles a battu un nouveau record l’an dernier avec 433,5 millions de voyages effectués, soit une hausse de 4 % par rapport à 2018. La société bruxelloise a par ailleurs confirmé son intention d’engager près de 1 000 travailleurs en 2020, malgré les conséquences redoutées du confinement sur la fréquentation des utilisateurs et sur les recettes de l’entreprise. Mais elle n’a pas non plus caché ses inquiétudes pour l’année en cours. "Le retour à la normale nécessitera des mois, voire des années, plus qu’après les attentats de 2016. Il est cependant trop tôt pour évaluer précisément les conséquences de cette situation sur les revenus et les futurs investissements", a expliqué le CEO de l’entreprise Brieuc de Meeûs.

Le gouvernement flamand à la rescousse de De Lijn

Côté flamand, De Lijn s’est livré à une première estimation du manque à gagner. L’entreprise pointe déjà une ardoise de près de 35 millions d’euros d’impact négatif. Un impact que les autorités flamandes ont promis de couvrir. "On ne connaît pas encore la durée exacte de l’impact de la crise. Un règlement mensuel sera effectué pour ajuster le déficit", a par ailleurs fait savoir la ministre de la Mobilité Lydia Peeters (Open VLD).

Malgré la baisse des utilisateurs, les sociétés de transport ont continué de fonctionner durant le confinement, et déploient actuellement une offre presque revenue à la normale. Un fonctionnement qui coûte, d’autant que les nombreuses mesures sanitaires supplémentaires ont généré des dépenses en plus et que la vente de tickets s’est effondrée.

Un impact sur le long terme

Les conséquences de la crise sanitaire devraient se faire ressentir pendant plusieurs mois. Une tendance qui s’explique par la crainte des utilisateurs de retourner dans les véhicules en présence des autres usagers.

La VUB a livré mardi les résultats d’une enquête sur la fréquentation des transports publics durant la période de confinement. À en croire les résultats de l’université bruxelloise, nombreux sont ceux qui ont préféré opter pour le vélo ou la marche. L’enquête de la VUB montre ainsi une augmentation de 13 % des usagers du vélo et une croissance de 19 % pour les piétons.

À l’inverse, les métros affichent une forte baisse (-39 %). "Les transports publics sont clairement les grands perdants. Cependant, les résultats de notre enquête montrent que la plupart des usagers trouvent important de connaître le taux de fréquentation des transports publics. Il semble que ce soit la mesure la plus convaincante pour faire remonter les usagers dans le train, plus encore que le port de masques", déclare le professeur Lieselot Vanhaverbeke, coordinatrice de l’enquête.