La totalité des associations et organismes actifs en matière de sécurité routière avaient un grand espoir. Ils se disent déçus. La tolérance zéro en matière d’alcool au volant n’est pas pour demain. La décision a été prise en commission de la Mobilité, mardi après-midi.

Les députés y siégeant devaient en réalité statuer sur deux projets de propositions de loi. La première, poussée par le SP.A et Ecolo-Groen, visait à instaurer pour tous une tolérance zéro pour l’ensemble des conducteurs. La seconde, impulsée par le MR, invitait à réduire la limite légale du taux d’alcool de 0,5 à 0,2 g/l de sang pour les conducteurs novices uniquement. Soit ceux ayant obtenu leur permis depuis moins de deux ans.

Au final, la proposition du MR a été intégrée dans un amendement, refusé, à la proposition formulée par le SP.A et Ecolo-Groen. Laquelle a elle aussi été recalée. Le vote a débouché sur quatre voix en faveur de la tolérance zéro, neuf contre et trois abstentions.

L’enjeu était pourtant de taille : chaque année, près de 600 personnes perdent la vie en Belgique d’un accident de la route. Et une grande partie décède des suites d’une consommation abusive d’alcool.

L’Institut Vias, expert en sécurité routière, a estimé qu’un abaissement de la limite d’alcool au volant de 0,5 gramme dans le sang à 0,2 permettrait de sauver 17 vies en moyenne chaque année, et d’éviter des blessures chez un peu plus de 300 personnes. “Le fait que la limite soit fixée à 0,5 g/l pousse de nombreux conducteurs à calculer alors qu’il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu que cela est impossible à établir,

expliquait dernièrement l’Institut Vias, favorable à une tolérance zéro

. On sait de plus que même une toute petite présence d’alcool dans le sang altère les réflexes.”

Lors des débats en commission, les députés s’étaient montrés dubitatifs quant à l’efficacité de la mesure, estimant notamment que les décès étaient principalement liés aux gros dépassements du seuil autorisé. Et que passer 20 minutes pour contrôler une personne qui a bu un verre de vin en trop risquait d’empêcher les policiers de contrôler ceux qui dépassaient largement la limite autorisée.

Selon Jean-Marc Delizée, président de la commission Mobilité, “la proposition, même rejetée, aura eu le mérite de lancer le débat. Et d’envisager des solutions peut-être plus efficaces pour améliorer la sécurité routière en Belgique.”