Infrabel aménage déjà quatre kilomètres de pistes cyclables le long de la ligne ferroviaire 124. Faire plus s'avère assez compliqué.

Cinq autoroutes pour vélos dans un rayon de trente kilomètres au tour de Bruxelles mises à l'étude. Voici ce que les ministres bruxellois et wallon de la Mobilité Elke Van den Brand (Groen) et Philippe Henry (Ecolo) ont annoncé ce matin dans L'Echo. Ces voies express cyclables (VER), à l'étude donc, seraient tracées le long de la ligne de chemin de fer 124, sur le trajet Waterloo-Bruxelles, le long de l'E411, sur les chaussées de Waterloo et de La Hulpe ainsi que le long du canal vers Tubize.

Ce projet constitue l'une des premières étapes du plan vélo du gouvernement wallon. "Dans la déclaration de politique régionale, nous avons quadruplé le budget consacré au vélo. Il atteint désormais 20 euros par habitant et par an", commente-t-on au cabinet du ministre Henry. Ces cinq voies express régionales n'en sont néanmoins qu'au stade de l'étude. "Nous allons seulement y travailler maintenant. Nous avons la volonté d'aboutir, c'est clair mais cela nécessite une analyse fine du terrain."

De fait. Concerné par le projet wallon via la VER prévue le long de la ligne ferroviaire 124, Infrabel semblait découvrir la nouvelle ce matin. "Nous sommes bien entendu favorable au développement des modes de transport doux", explique le gestionnaire des voies ferrées belges. "Concrètement, des aménagements de pistes cyclables sont en cours dans le cadre du chantier RER sur la ligne 124 Bruxelles-Nivelles. Sur le territoire des communes de Waterloo, Braine l’Alleud et Nivelles, quatre kilomètres (sur un total de seize kilomètres) seront, à terme, aménagés."

Les douze kilomètres restant ? Infrabel n'a pas d'information concrète à ce stade. Pour certains, il eut été plus judicieux de prévoir ce type d'infrastructure en amont ; avant, en tous les cas, la construction de murs de soutènement, comme c'est déjà le cas à Waterloo. Le principe du RER est d'élargir l'espace pour y créer des voies de chemin de fer. "Si l'idée d'y ajouter des pistes cyclables avait été posée lors de la genèse du projet, cela aurait rendu les choses plus faciles et moins coûteuses", commente de son spécialiste de la question. "Car, ajouter une piste cyclable, cela induit trois ou quatre mètres d'expropriation supplémentaires. Lorsqu'il s'agit de terres agricoles, c'est assez simple. Mais prendre dans les jardins des particuliers, c'est plus compliqué..."

Infrabel rappelle par ailleurs le très médiatique dossier de la ligne 161 Ottignies-Bruxelles. Pour mémoire, des cyclistes avaient tenté d'imposer une piste cyclable le long de la voie de chemin de fer suite à l'arrêt provisoire du chantier. Depuis, le chantier a repris et même si "de tels aménagements n’ont pas été imposés lors de l’introduction des demandes de permis, quelques initiatives ont tout de même été prises, comme à hauteur de Groenendael où une traversée sécurisée du carrefour pour les cyclistes a été aménagée le long de la voie ferrée. Par-delà, elle rejoint des chemins balisés qui traversent la forêt de Soignes et mènent à Bruxelles."

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