Le conseil provincial du Brabant wallon a évoqué jeudi soir l'avant-projet de taxation au kilomètre "Smartmove" développé par le gouvernement bruxellois. Pour le député provincial en charge de la Mobilité Marc Bastin, le texte bafoue clairement un accord de coopération entre les trois Régions datant de 2011. Le collège prendra dès lors des contacts pour exprimer son indignation et demander le retrait de l'avant-projet d'ordonnance. Dans sa question, le conseiller provincial tubizien Pierre Pinte (MR) a estimé que la taxe telle qu'envisagée par le gouvernement bruxellois pourrait coûter environ 1.200 euros par an et par personne pour les nombreux Brabançons wallons qui se rendent chaque jour dans la capitale pour travailler.

Le libéral a également soulevé le problème d'un manque d'alternative à la voiture individuelle, notamment en matière de santé: pour les habitants de Tubize par exemple, un grand hôpital bruxellois constitue l'infrastructure de ce type la plus proche de leur domicile, puisque située à 19 km du centre de Tubize et accessible en 22 minutes en voiture. Par contre, en utilisant les transports en commun (SNCB puis Stib), le temps de trajet vers ce même hôpital peut dépasser les deux heures, a-t-il illustré.

"Par la voix de son président, le collège provincial s'est déjà exprimé pour dénoncer ce projet et inviter les entreprises bruxelloises qui le souhaitent à délocaliser leurs activités dans notre belle province", a commenté le député provincial Marc Bastin.

"Le collège manifestera encore son indignation quant au caractère injuste de cette taxe examinée sous le seul angle d'une Région, alors que la problématique doit se régler à l'échelle interrégionale et fédérale", a-t-il prévenu. "Je partage votre impression quant à la pauvreté des alternatives efficientes à la voiture individuelles dans les trajets vers Bruxelles, et l'iniquité de la prise en otage des navetteurs brabançons wallons", a conclu le député en charge de la Mobilité.