En travaux depuis de nombreuses années, la ligne ferroviaire Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg, prisée par le passé par les travailleurs européens, a été supplantée par la concurrence française. Le tronçon Ciney-Libramont, notamment, doit encore être modernisé pour atténuer ses courbes (ce qui permet d'accroître la vitesse), renouveler une partie des caténaires et des rails ou encore sécuriser des parois rocheuses. Ce tronçon entre aussi dans le cadre de l'axe vers la Suisse et l'Italie pour concurrencer le transport aérien et améliorer le fret.

"Nous voulons redonner à cet axe sa vocation internationale", a souligné le ministre Gilkinet, lors d'une conférence de presse en marge d'un Conseil des ministres européens des Transports, à Luxembourg. D'une durée actuellement de plus de 3 heures, le trajet Bruxelles-Luxembourg devrait être réduit au moins d'une demi-heure, a-t-il dit, évoquant même une durée de deux heures.

À ses yeux, "les astres sont alignés" maintenant qu'un budget fédéral-UE de 70 millions d'euros a été débloqué et qu'arrive le plan de relance de l'UE et le Pacte vert. Un total de 300 millions d'euros est nécessaire, selon M. Gilkinet. Belgique et Luxembourg ont donc écrit à la Commission européenne, qui leur a proposé la constitution d'un groupe de travail. A l'automne, une demande de subventions sera introduite dans le cadre du mécanisme européen "Connecting Europe".

"Le calendrier actuel nous conduit jusqu'en 2028. Avec notre plan 'boost' belge et la demande belgo-luxembourgeoise, nous voulons raccourcir ces délais", selon le ministre Ecolo, qui s'est refusé à citer une échéance.

Interrogé sur la possibilité pour le Luxembourg de cofinancer des solutions de mobilité comme il le fait déjà avec la France en Lorraine, François Bausch n'a pas écarté l'idée, une fois la ligne modernisée.

Il n'y a pas de projet actuellement, a-t-il dit, en rappelant que le Luxembourg a finalisé la modernisation de la ligne sur son territoire. Mais "on est toujours intéressé à discuter avec la Belgique pour voir de quelle manière on peut aider à avoir plus de qualité (de service). Ce peut être en investissant, mais aussi lorsque l'on discutera, quand la ligne sera modernisée, pour savoir qui va payer l'exploitation des trains, etc". L'écologiste luxembourgeois voit une possibilité de commencer à "dégager des pistes concrètes" dans les prochaines semaines.