Ce jeudi, le gouvernement bruxellois a validé son projet de tarif kilométrique intelligent à l’issue de sa réunion hebdomadaire. Baptisé Smartmove, ce plan, qualifié de péage urbain par ses opposants, a rapidement suscité un tollé au sein des responsables du Brabant wallon, comme en témoigne Jean-Paul Wahl, le président de la fédération MR au sein de la Jeune Province. "C’est hallucinant, incompréhensible et choquant, commente-t-il. C’est scandaleux de faire comme si de rien n’était. Il serait temps que le gouvernement bruxellois se rappelle que les Régions payent environ 19 millions d’euros par an pour gérer ces problèmes de navetteurs à Bruxelles. De plus, il faut savoir qu’un peu moins de la moitié des navetteurs wallons qui vont à Bruxelles utilisent une voiture de société. Des sociétés qui ont presque toutes un siège social à Bruxelles. En résumé : les voitures sont utilisées par des Wallons qui payent une taxe d’immatriculation à la Région bruxelloise et les Wallons payent, eux aussi, leur taxe de circulation. On ne veut pas faire payer trois fois les navetteurs wallons qui veulent se rendre à Bruxelles quand même !"

Sans oublier l’impact pour le commerce bruxellois qui souffre déjà. "Est-ce qu’ils veulent tuer leurs commerces ? Ce sont les navetteurs qui font vivre une grande partie du commerce bruxellois, il ne faut pas l’oublier. Est-ce que le gouvernement bruxellois veut faire fuir les bureaux qui se trouvent sur son territoire ?", se questionne Jean-Paul Wahl qui va proposer aux communes brabançonnes wallonnes d’adopter une motion visant à s’indigner contre cette décision.

De son côté, André Antoine (CDH) soumettra au vote du Parlement wallon "une procédure de conflit d’intérêts pour vérifier quelles sont les formations politiques qui s’opposeront à cette confiscation fiscale éhontée dès lors que Bruxelles reçoit chaque année des autres Régions et du fédéral plus de 323 millions d’euros de compensations."