Les automobilistes bloqués dans les files devront s’écarter pour laisser passer les véhicules d’urgence.

L’annonce était un peu passée inaperçue. Elle pourrait pourtant s’avérer utile au moment de prendre la route des vacances, ou de retrouver les embouteillages de la rentrée. Les automobilistes bloqués dans les files seront bientôt dans l’obligation de s’écarter pour ouvrir un couloir de secours et laisser passer les véhicules prioritaires.

C’est le député socialiste flamand Joris Vandenbroucke qui a déposé le texte en novembre 2019 au Parlement fédéral. "Il n’existe actuellement aucune directive claire en la matière", relève-t-il. Et le député de citer l’exemple d’un véhicule de pompiers qui avait été jugé responsable d’une collision alors qu’il circulait entre deux bandes de circulation. Jusqu’alors, les automobilistes étaient tenus de dégager la voie et de laisser un passage libre pour un véhicule de secours prioritaire circulant avec un avertisseur sonore spécial, sans toutefois que cela soit obligatoire. C’est désormais chose (presque) faite. Le texte a été voté par le Parlement et devrait être publié au Moniteur dans les semaines à venir.

Concrètement, cela signifie que sur une route à deux bandes, les automobilistes devront se serrer un maximum sur la gauche ou sur la droite, selon leur bande de circulation. Sur les routes à trois bandes ou plus, les automobilistes évoluant sur la bande de gauche devront serrer la gauche, tandis que les autres devront tenir la droite.

Une bande trop souvent obstruée

Pourquoi donc ne pas utiliser la bande d’arrêt d’urgence, normalement dégagée de la circulation et prévue notamment à cet effet ? "Les véhicules prioritaires ne peuvent pas toujours rejoindre la bande d’arrêt d’urgence, ni même rouler dessus. Cette bande est parfois bloquée par des véhicules en panne, ou souvent couverte de gravats, quand elle n’est pas occupée par les automobilistes qui souhaitent éviter les files ou anticiper leur sortie", pointe Benoît Godart, porte-parole de l’institut de sécurité routière Vias. Selon la dernière enquête de l’institut, 40 % des Belges disaient avoir déjà emprunté cette bande pour anticiper une sortie, et un sur dix reconnaît avoir roulé dessus pour dépasser les files. Ce type de dispositif est déjà en place dans d’autres pays européens, à l’instar de l’Allemagne, de l’Autriche ou de la Hongrie.