Des navetteurs nous donnent leurs impressions sur la grève qui paralysera le rail ce jeudi 19 décembre.

Taylor : “Je ne sais pas comment je vais pouvoir aller à l’école”

Hier matin, à la gare de Charleroi-Sud, la plupart des gens couraient après leur train pour se rendre sur leur lieu de travail. D’autres, plus calmes, patientaient. Parmi eux, Taylor, 25 ans, étudiant en communication à l’Ihecs, qui attendait son train en direction de Bruxelles. Bien qu’il avait l’air calme et posé, ce Carolo était inquiet par rapport à la grève de ce jeudi. “Je suis censé me rendre à Bruxelles pour les cours mais cela va être un peu compliqué étant donné qu’il y a la grève des trains. De ce fait, je ne sais pas exactement comment je vais pouvoir aller à l’école. Je ne sais pas non plus si mon père pourra me déposer en voiture vu qu’il travaille lui aussi. Donc, pour l’instant, je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je vais voir ce qui m’est possible. J’aurais pu éventuellement loger chez des amis à Bruxelles mais c’est aussi un inconvénient car je vais devoir préparer des affaires et devoir rester sur Bruxelles”, dit-il en gardant le sourire malgré tout.

Arnaud : "Depuis le service minimum, je tente ma chance et j’ai toujours eu un train”

Arnaud Crefcoeur est navetteur depuis 20 ans. Tous les matins, il part travailler à Libramont depuis Namur. Il bénit l’instauration du service minimum. “J’ai été confronté à deux ou trois jours de grève depuis et j’ai tenté ma chance. À chaque fois, j’ai eu un train. Pas forcément à l’heure habituelle ; parfois, je dois attendre une heure car un train sur deux est supprimé sur la ligne mais je suis toujours arrivé à destination. C’est même plus confortable qu’en temps ordinaire car il y a moins de monde dans le train. On apprécie quand c’est plus calme.” Cette fois, Arnaud Crefcoeur a même convaincu un collègue d’abandonner l’idée de prendre la voiture. “J’en ai une bien sûr. Avant, je l’utilisais quand il y avait une grève des trains. Mais c’est un coût supplémentaire non négligeable : mon train est gratuit et l’essence ne l’est pas. Il faut dire que j’ai la chance d’avoir un boulot où je ne serai pas embêté et où je ne pénaliserai personne si j’arrive en retard.”

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Pascale: "Au pire, je prends la voiture et je rentabilise mon déplacement"

Pascale Quinot habite Dinant et va travailler à Namur tous les jours. Elle n'est pas trop contrariée par le mouvement de grève "Lorsqu'il y a grève des trains, j'ai plusieurs solutions, soit la voiture, soit le bus qui passe dans la rue. Et puis si je n'avais vraiment aucune solution pour me déplacer, ma direction m'autoriserait à travailler depuis la maison ou à prendre des heures de récupération. Cette fois, j'ai décidé de prendre la voiture car je sors d'une grippe et je ne me sens pas encore très bien. Evidemment, cela coûte plus cher que le train qui m'est remboursé. Donc j'essaierai de rentabiliser mon déplacement et mon parking en faisans des achats de Noël sur le temps de midi ou juste avant la fermeture des boutiques; ce qui m'évitera de devoir les faire le samedi quand il y a beaucoup de monde en ville." Quant à sa fille, elle est en kot à Bruxelles et ne sera pas embêtée. "Elle est en blocus donc elle hiberne avant ses examens de janvier. Si la grève avait eu lieu la semaine prochaine juset avant le réveillon, moment où les étudiants font souvent un break, je n'aurais pas trouvé ça très chic. Ici, ça ne tombe pas si mal."

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