Sophie Heuskin (UCM) et Anton Van Assche (Unizo) ont également insisté sur la nécessité d'une concertation sociale au nom des organisations représentatives des PME. La commission spéciale Covid-19 du parlement bruxellois a procédé jeudi à l'audition des partenaires sociaux au sujet de la gestion de la pandémie et de son impact économique et social dans la Région-capitale.

Ils ont entendu tour à tour les représentants des employeurs, en ce compris Bruxeo, la confédération qui supervise les entreprises sociales à but lucratif à Bruxelles, et ensuite, les représentants syndicaux de Brupartners, l'ancien conseil économique et social de la Région de Bruxelles-Capitale.

Les représentants des employeurs ont souligné les graves conséquences socio-économiques de la pandémie qui, selon Jan De Brabander, sont sous-estimées.

Après avoir remis notre avis sur le plan de relance post-crise, "nous attendons une invitation du gouvernement pour une concertation", a déclaré le secrétaire général de Beci.

Celui-ci a ajouté n'avoir reçu aucune explication quant aux raisons pour lesquelles les recommandations de Brupartners n'ont pas été prises en compte. M. De Brabandere a également mis en garde contre une vague de faillites dans la Région à partir du 1er février, date d'expiration du moratoire fédéral sur les faillites.

Sophie Heuskin (UCM) a souligné que l'entrée en vigueur des primes de la Région bruxelloise avait été lente par rapport aux autres Régions, mais que leur versement s'était fait sans accroc. Toutefois, en utilisant les codes NACE, un certain nombre de secteurs ont été exclus. Les professions libérales ont également été oubliées, a regretté la conseillère de l'UCM. Elle a également déploré que la question des coûts fixes, tels que le loyer, n'avait pas été résolue.

Au passage, l'UCM et son pendant néerlandophone Unizo ont estimé que ce n'était à leurs yeux pas le moment de mettre en place un péage urbain.

L'Unizo et l'UCM ont aussi insisté sur la nécessité de reporter à 2022 les investissements liés à la Zone Basse Emission, et à au plus tôt 2023 le renforcement des normes annoncé.

Pour Anton Van Assche (Unizo), l'option d'une approche individuelle du financement, entreprise par entreprise, afin que l'aide puisse être mieux ciblée sur les entreprises dans le besoin est positive.

Par ailleurs, Sophie Heuskin a plaidé en faveur d'une aide spécifique à l'emploi pour les PME et insisté sur une augmentation de la prime pour les indépendants. Elle s'est également plainte de l'absence de soutien au maintien des emplois existants dans un contexte conjoint de besoin de personnel pour appliquer les mesures corona, et de diminution de chiffre d'affaires.

Le directeur de Bruxeo, Bruno Gérard, a également insisté sur le dialogue social. Il a dit comprendre que des mesures urgentes devaient être prises. En conséquence, il n'y a eu qu'une consultation informelle et sectorielle et une série de groupes de travail ont été mis en place. Pour lui, l'immunisation des subsides a été positive pour lui, mais la perte de revenus et les coûts supplémentaires n'ont pas été compensés. Il a également regretté que les entreprises sociales n'aient pas accès aux primes de soutien économique.

Gérard a préconisé des garanties pour la protection de la santé des travailleurs et des usagers, pour un renforcement structurel de l'offre de services, l'extension des aides financières, le renforcement de l'attractivité de la profession et des aides à l'investissement pour adapter l'offre.