Mais cette baisse spectaculaire ne s'accompagne pas d'un recul du nombre de victimes mortelles: neuf ont été recensées l'an dernier contre 7 en 2019, indique Infrabel dans un communiqué diffusé mercredi. Le non-respect du code de la route demeure la première cause des accidents. "Les slaloms entre les barrières sont à l'origine de 12 des 23 accidents qui ont causé, à eux seuls, 6 décès et 2 blessés", relève le gestionnaire du réseau ferroviaire. Comme les autres années, les personnes qui se risquent à franchir le passage alors que les signaux sont au rouge et les barrières baissées sont très souvent des riverains.

"Les statistiques 2020 apportent tout de même un enseignement encourageant: hors des zones portuaires, le nombre d'accidents affiche une lente tendance à la baisse depuis quelques années. Elle pourrait laisser entrevoir les premiers résultats des campagnes de sensibilisation et autres incitations à la prudence."

Le gestionnaire justifie la forte baisse du nombre d'accidents l'an dernier (de 45 à 23) par la crise sanitaire et le fait que tant le nombre de véhicules en circulation que de trains (service des trains d'intérêt national) étaient en net recul. L'évolution du nombre de victimes mortelles s'explique difficilement. Le nombre de passagers par véhicule impliqué joue un rôle, un paramètre sur lequel Infrabel ne peut pas agir. Il y a quelques semaines, une voiture avec trois jeunes à son bord franchissait un passage à niveau à Hérinnes alors que les barrières étaient baissées. Les trois occupants sont décédés.

Fin décembre, le réseau ferroviaire belge comptait 1.662 passages à niveau, 410 de moins qu'il y a quinze ans.

Concernant les intrusions sur les voies, on observe une même tendance, à savoir une baisse du nombre d'intrusions avec 614 signalements contre 705 en 2019, mais une hausse des victimes mortelles: 5 contre 1.

Avec l'aide de la mère d'une victime décédée dans ces conditions en 2014, Infrabel lance une campagne de sensibilisation à l'adresse de "ceux qui, délibérément pour certains, sans s'en rendre compte pour d'autres, mettent leur vie en péril en adoptant de mauvais comportements, tout autant interdits que dangereux, aux abords du domaine ferroviaire".

"Le 24 juillet 2014, Charlotte, une adolescente de 12 ans, s'aventurait sur les voies de la ligne Ottignies-Bruxelles, à hauteur de Groenendael, pour y faire quelques photos. Un selfie va lui coûter la vie."