Dès le début de la crise sanitaire, le contrôle des titres de transport a été suspendu dans les trains et de nombreux voyageurs semblent en avoir profité.

Selon une estimation faite par Securail, la société dépendant de la SNCB dont les agents assurent la sécurité dans les gares et les trains, depuis la mi-mars, un quart des personnes ayant l'intention d'embarquer dans un train n'était pas en possession d'un titre de transport valable. Cette proportion de resquilleurs est même montée à plus d'un tiers les premiers temps du confinement.

Ces chiffres ne reflètent pas toute la réalité puisqu'ils ne témoignent que d'un comptage opéré par les agents de Securail depuis les quais et avant l'embarquement. En l'absence de contrôles à bord des trains, impossible d'estimer le nombre total de fraudeurs, puisque une part a échappé aux vérifications.

A ceux qui ont tenté de monter dans un train sans billet, les agents de Securail ont demandé d'aller immédiatement en acheter un. La SNCB rappelle que des contrôles restent possibles et ont d'ailleurs lieu tous les jours dans différentes gares. Sa porte-parole indique également que les agents de Securail sont habilités à verbaliser les contrevenants.

La SNCB est fortement touchée dans ses recettes commerciales puisque les trains se sont vidés de leurs passagers pendant le confinement. "Plus de la moitié des trains en circulation ont un taux d'occupation de moins de 4% et 2% d'entre eux sont remplis de 30 à 50%", a mentionné le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), mercredi en commission Mobilité. Et on se s'attend pas à un retour à la normale avant 2023 ou 2024, a-t-il indiqué.

La patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir, avait fait savoir il y a plusieurs semaines que les pertes des recettes commerciales se montaient à 70 millions d'euros par mois. Le ministre Bellot s'en inquiète. "C'est un défi colossal qui attend la SNCB, tant sur le plan financier que budgétaire. Pour l'instant, les recettes, c'est  zéro", a-t-il déclaré en commission.

Il a toutefois rappelé que la dotation annuelle à la SNCB était largement supérieure à ses recettes liées aux voyageurs : 2,8 milliards d'euros contre 600 millions. Ce qui pourrait permettre à l'entreprise de garder la tête hors de l'eau malgré la crise. "Cela met un peu nos entreprises publiques à l'abri, mais pas complètement", a souligné François Bellot. Il a en tout cas plaidé pour "une poursuite des investissements" dans la SNCB et Infrabel.