Mobilité

L’institut Vias a entrepris une étude d’une ampleur jamais égalée auparavant sur la récidive dans la circulation. Au total, les données de plus de 92 000 personnes et un million de délits routiers ont été analysés. Les résultats sont sans appel : 45 % des personnes condamnées pour une infraction routière devant un tribunal sont de nouveau condamnées plus tard pour un ou plusieurs délits dans la circulation. En outre, près de 30 % de ces récidivistes sont même condamnés une nouvelle fois dans l’année qui suit la première condamnation et la moitié dans les deux ans. Autre fait intéressant : ce sont principalement les hommes qui récidivent.

La partie immergée de l’iceberg

Et encore, Vias précise que cette étude n’est en réalité qu’une sous-estimation du problème puisque seules les condamnations ont été prises en compte. Les perceptions immédiates et les transactions pénales ont été occultées, sans compter les infractions qui n’ont pas été constatées par la police ou sont restées impunies. N’empêche, ces résultats constituent un point de départ pour permettre de mieux combattre le phénomène de la récidive au volant. En effet, le suivi des antécédents criminels des contrevenants routiers permet de lutter plus efficacement contre celle-ci en apportant des sanctions adaptées à chaque délit. En ce qui concerne les auteurs condamnés à une déchéance du droit de conduire, qui récidivent très souvent, Vias note qu’une des solutions consisterait à associer les caméras ANPR à la plaque d’immatriculation du véhicule du conducteur dont le permis a été retiré. "En accédant à ce système, la police sera en mesure de vérifier si le conducteur est titulaire d’un permis de conduire valide", observe Vias.

L’institut indique par ailleurs que des solutions existent déjà mais celles-ci ne sont visiblement pas suffisantes. Par exemple, les cours de sensibilisation destinés aux contrevenants routiers diminuent le risque de récidive. Vias estime que ces cours devraient être imposés plus tôt pour augmenter leur efficacité. Des avancées en matière de récidive pourraient néanmoins être enregistrées prochainement. En effet, depuis le 1er juillet, les récidivistes sont contraints de faire installer un éthylotest antidémarrage. "Un conducteur pris deux fois en trois ans avec un taux d’alcoolémie de 1,2 % doit impérativement faire installer un éthylotest antidémarrage et suivre un programme d’encadrement. Des études montrent que le risque de récidiver durant le programme est réduit de 75 % au moins", note Vias.