Touring dévoile vendredi un plan alternatif pour les cyclistes et les piétons circulant à Bruxelles et qui ne nécessite pas la suppression des bandes de circulation pour les voitures. L'organisation de mobilité souhaiterait dès lors la suppression de nouvelles pistes cyclables installées récemment sur des axes et routes d'accès très fréquentés de la capitale et dont la construction a été décidée par le gouvernement bruxellois dans le cadre de la stratégie de sortie de la crise du coronavirus. Afin de soulager les transports publics en période de crise et de donner davantage d'espace aux cyclistes dans la ville, la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) avait élaboré un plan vélo fin avril. Des bandes de circulation et de stationnement avaient disparu sur certains des principaux axes routiers de la Région au profit de 40 kilomètres de pistes cyclables extra larges.

Touring dit être favorable à un espace plus important et plus sûr pour les formes actives de déplacement, "mais pas de n'importe quelle manière". La suppression de voies sur ces routes stratégiques n'est pas une option, selon l'organisation de mobilité, qui a demandé au bureau d'expert Stratec de se pencher sur vingt grands axes de circulation de la capitale.

De ceux-ci, cinq axes de circulation importants ont été mis en évidence, avec une proposition d'un itinéraire cyclable alternatif sur des routes parallèles où la circulation est moins dense et qui peuvent être transformées en rue uniquement pour les cyclistes et/ou en rue avec des exceptions pour le trafic local.

"L'objectif ultime doit être une circulation fluide pour tous les usagers de la route. L'interdiction de la circulation automobile sur certains axes constitue une politique de découragement inefficace et dangereuse. Dans l'ère post-Covid, il est nécessaire de soutenir l'économie autant que possible et de garantir l'accessibilité. Toutes les formes de transport jouent un rôle important à cet égard", estime Touring.

"Et pourtant, les autorités bruxelloises réduisent systématiquement la capacité des grandes voies d'accès, créant ainsi des embouteillages à des endroits qui n'en souffraient pas auparavant", s'étonne l'organisation. "Les embouteillages sont une source d'agression et de conflit entre les différents moyens de transport", soutient-elle.

Dans le plan vélo alternatif, de nouveaux itinéraires ont été établis pour les axes de la rue de la Loi, des avenues de Cortenbergh et Charles-Quint et des boulevards Sylvain Dupuis, Maria Groeninckx-De Mey, Louis Schmidt et Lambermont. Ces trajets sont moins directs pour les cyclistes, mais ne sont toutefois pas toujours beaucoup plus longs. Selon l'organisation de mobilité, ils sont même parfois plus sûrs parce qu'il n'y a pas de voitures garées sur ces nouveaux itinéraires, que le revêtement de la route est meilleur ou qu'il y a moins de carrefours à traverser.

Touring souhaite de la sorte démontrer que les cyclistes ont des alternatives sans avoir à supprimer des bandes de circulation sur les principaux axes de liaison.

"En insistant sur ce point, les autorités bruxelloises donnent l'impression qu'elles en font plus pour mettre les automobilistes devant le fait accompli au moyen d'une politique dite du couteau sous la gorge que pour mener une politique de mobilité responsable", assène l'organisation, qui remettra son étude au gouvernement bruxellois. Elle espère être impliquée dans le débat de manière constructive.