Saviez-vous que Bruxelles est la 21ème ville la plus embouteillée d’Europe, selon le classement TomTom ? C’est une des raisons qui ont motivé les autorités à repenser l’espace public bruxellois. Avec la crise du coronavirus, les habitudes de déplacement ont été bousculées. "A la sortie du confinement, les transports en commun bondés à l’heure de pointe, ce n’était plus acceptable. On devait trouver d’autres solution à l’usage de la voiture et des transports en commun, explique la porte-parole de la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen). Pour les petites distances, les Bruxellois sont généralement contents de rouler à vélo, mais il ne se sentaient pas en sécurité dans le trafic."

Pour faciliter l’usage du vélo, les autorités régionales ont décidé de créer de nouvelles pistes cyclables ou d’améliorer des circuits déjà existants. C’était fin avril. Depuis, le projet a bien avancé. Selon le cabinet de la ministre de la Mobilité, près de 30 kilomètres de pistes seraient déjà d’usage. Il ne resterait donc que 10 kilomètres à construire. Les derniers travaux sont répartis sur cinq communes : Bruxelles, Wolume-Saint-Pierre, Molenbeek-Saint-Jean, Ganshoren et Jette.

Sur la carte ci-dessous, le circuit de lignes vertes représente les pistes cyclables terminées. Les lignes rouges délimitent la partie du projet qui n’est pas encore aboutie, soit les pistes cyclables qui sont encore à construire ou rénover. A quelle date les cyclistes peuvent-ils espérer circuler sur l’entièreté du réseau ? A ce jour, le cabinet de la ministre ne donne pas encore de date. Signalons aussi qu'il se n'agit là que des voiries régionales. Certaines communes ont également décidé d'étendre le nombre de pistes cyclables.


Plus de vélos, moins de dépenses pour la santé

Bruxelles n’est pas la seule ville européenne à avoir installé des espaces dédiés au vélo pendant le confinement. Paris, Berlin, Budapest ou encore Dublin ont réservé provisoirement des espaces pour la mobilité douce. Une étude de l’Institut allemande de recherche Mercator affirme qu’en Europe, les infrastructures cyclables provisoires ont permis d’augmenter la circulation à vélo de 7 % en moyenne. Si ces habitudes perdurent, les chercheurs allemands estiment que ces infrastructures pourraient générer trois milliards de dollars d’économies pour la santé par an sur le continent. Ce chiffre se base sur des recherches précédentes, ayant calculé qu'en moyenne, un kilomètre parcouru à vélo générait 0,62 dollar de bénéfices pour la santé. Les chercheurs ont ensuite estimé, sur base de relevés d'années précédentes, le nombre de kilomètres parcourus à vélo dans les villes étudiées. L'étude conclut en précisant que les 3 milliards de dollars pourraient être réévalués si le comportement des cyclistes évolue.