L’épidémie de coronavirus qui touche notre pays depuis plusieurs mois déjà a eu un impact non négligeable sur notre mobilité : les différents confinements, l’imposition du télétravail obligatoire et le rejet des transports en commun au cœur de la crise nous ont obligés, pendant quelques mois, à repenser notre façon de nous déplacer.

Résultat : nous nous sommes retrouvés moins nombreux sur les routes. Notamment en mars et avril 2020 où le trafic global avait diminué de 99 % selon les chiffres de l’entreprise Coyote, établis sur base des déplacements de 1,6 million d'utilisateurs. Aujourd’hui, la fréquentation des routes est devenue équivalente à 90 % de la situation d’avant-covid.

Ce qui n’empêche donc plus des embouteillages de se former dans les centres-villes, ou aux abords des grandes agglomérations en heures de pointe. L’index Tom Tom, qui calcule le taux de congestion d’un peu plus de 400 villes à travers le monde sur base des données GPS de ses utilisateurs, confirme ainsi que le taux de congestion de Bruxelles est passé de 38 % en 2019 à 29 % l’an dernier. En résumé : un trajet à Bruxelles prend en moyenne 29 % de temps en plus qu'un même trajet avec un trafic totalement fluide. La capitale conserve logiquement son titre de ville la plus embouteillée de Belgique devant Anvers (24 % contre 32 % en 2019).

En termes horaires, cela signifie qu’un automobiliste bruxellois a, en moyenne, perdu 119 heures, soit l’équivalent de 5 jours, dans les embouteillages en 2020. Selon TomTom, ce temps perdu aurait permis aux automobilistes de chacun lire près de 3600 des 4200 pages que compte l’intégrale d’A la recherche du temps perdu, l'oeuvre majeure de Marcel Proust.

Dans le Top 10 des villes les plus embouteillées de Belgique, on retrouve, après Bruxelles et Anvers, les villes de Leuven, Mons, Gand, Liège, Namur, Courtrai, Bruges et Charleroi.

Un classement qui est perçu avec soulagement du côté de la cité du Doudou où la baisse est la plus importante avec 14 % d’embouteillages en moins. En 2019, le TomTom Index avait, assez injustement il est vrai, classé la ville montoise en deuxième position des villes les plus embouteillées du pays. En cause : un important chantier qui s’était étalé de mai à décembre 2019 sur la E42 et qui avait nécessité le passage de l’autoroute à une seule bande, favorisant la création d’embouteillage, puis la fermeture totale durant plus de 24 heures de ladite autoroute, le 9 octobre 2019, en raison de l’accident d’un camion-citerne transportant des produits chimiques.

A noter que si les Bruxellois doivent patienter plus régulièrement dans les embouteillages que les autres usagers, ils ne sont pas les plus à plaindre. Au niveau mondial, c'est Moscou qui truste la première place des villes les plus embouteillées du monde, avec un taux de congestion moyen de 54% en 2020. La capitale russe devance des magalopoles comme Mumbai (Inde) ou Bogota (Colombie). A l'inverse, la ville de Greensboro, aux USA, détient le label de la ville la moins embouteillée selon TomTom, avec un taux de congestion moyen de 7%, malgré ses près de 300.000 habitants.

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