Mohamed Abrini, 31 ans, était un logisticien clé des attentats de Paris. Trois jours avant ceux-ci, le 10 novembre, avec un des frères Abdeslam, il s’est rendu dans un appart’hôtel du Blanc-Mesnil où ils devaient louer un studio, en vue de la préparation des attentats. Les deux hommes ne disposaient pas des moyens de paiement demandés par l’exploitant. Ils étaient revenus à Bruxelles.

Le 11 novembre, Mohamed Abrini, comme en témoignent des caméras de surveillance vidéo d’une station-service à Ressons (Oise), était en compagnie de Salah Abdeslam. Ils ont pris le chemin de Paris et ont loué un studio à Alfortville où sera hébergé le commando de Français qui frappera au Bataclan. Les autres commandos seront logés à Bobigny.

Le 12 novembre, Mohamed Abrini a encore été repéré au sein du convoi de trois voitures qui avait quitté en pleine nuit Molenbeek et qui, via Charleroi où ils étaient logés, avait emmené les terroristes vers Paris.

Après les attentats, on a perdu sa trace. Son ADN a toutefois été retrouvé dans l’appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek où a séjourné Salah Abdeslam après son retour de Paris.

Après Salah Abdeslam, il était l’homme le plus recherché pour les attentats de Paris. Les deux hommes, originaires du même quartier de Molenbeek, étaient des amis d’enfance.

Mohamed Abrini s’est rendu en juin 2015 en Turquie d’où il est soupçonné d’avoir gagné pour un séjour éclair la Syrie comme l’avait fait Brahim Abdeslam.

Il est revenu un mois plus tard en Europe. A la mi-juillet, Mohamed Abrini est repéré en Angleterre, notamment à Birmingham. Il rentre en Belgique via la France. En août, il part depuis l’Allemagne vers le Maroc. Sa trace se perd jusqu’aux jours précédant les attentats.

Son jeune frère, Souleymane, s’est rendu en Syrie en janvier 2014. Sept mois plus tard, Souleymane, qui donnait jusque-là des signes de vie réguliers à sa famille, s’est tu. Il aurait été tué en Syrie après avoir combattu dans la katiba (brigade) Al-Muhajireen, d’Abdelhamid Abaaoud, organisateur des attentats parisiens qui sera tué quelques jours plus tard dans l’assaut de l’appartement à Saint-Denis où il s’était replié.


Krayem était un des premiers Suédois à gagner la Syrie

Il est âgé de 24 ans et est originaire de la ville suédoise de Malmö. Il est un des premiers Suédois à avoir rejoint la Syrie. En janvier 2015, comme de très nombreux djihadistes européens, il posait sur des photos, une Kalachnikov à la main, avec un drapeau de l’Etat islamique en arrière-plan.

L’enquête a révélé qu’il était revenu en septembre 2015 en Europe via l’île grecque de Leros. Il a suivi le chemin des réfugiés. Abaaoud avait aussi été pisté à Leros. Krayem a présenté un passeport syrien avec le nom de Naïm Al-Hamed.

Le 3 octobre 2015, il a été contrôlé à Ulm (Allemagne) dans une voiture conduite par Salah Abdeslam. S’y trouvait aussi Amine Choukri (un faux nom), qui sera arrêté avec Abdeslam le 18 mars dernier. Les empreintes de Krayem ont été retrouvées dans l’appartement de la rue Max Roos.

C’est lui, comme en attestent des images de caméras de surveillance, qui a acheté - dans le centre commercial City 2 à Bruxelles - les sacs qui seront utilisés par les terroristes à l’aéroport et à Maelbeek. Il a été arrêté vendredi matin, en compagnie d’un certain Hervé B.M.