Qu'est-ce qui vous a le plus marqué au cours des douze derniers mois ?

Avant tout l'incapacité de la plupart des leaders politiques à dépasser une vision à court terme, alors qu'on négocie en vue d'une réforme de l'Etat. Il y a un manque de préparation, un manque de contacts préalables qui est tout de même assez étonnant, notamment du côté de la "famille chrétienne-démocrate". On veut une réforme qui va dans l'intérêt de sa propre communauté mais, à part chez quelques-uns, il n'y a pas de vision de comment mieux faire fonctionner la fédération dans l'intérêt de tous.

Aussi, on évoque ouvertement des hypothèses séparatistes, comme si cela pouvait arriver du jour au lendemain, alors que l'on n'arrive déjà pas à scinder une circonscription ! Et pourtant, tant les commentateurs que les hommes politiques évoquent cette possibilité comme quelque chose de réaliste. En lisant certains médias étrangers, on pouvait croire aussi qu'il y avait une guerre civile en Belgique. Or, on a certainement eu un conflit politique mais pas de grandes manifestations à Bruxelles, comme il y a pu y avoir dans les années 60 ou 70, par exemple.

Comment voyez-vous la suite ?

On ne peut rien exclure. Mais si l'on regarde les acteurs principaux, on n'a clairement pas l'impression que l'on arrivera à un grand accord pour le 15 juillet. Et après, avec l'approche des élections, ce sera encore plus difficile. Pourtant, sur l'Emploi, par exemple, ou même sur BHV - pour lequel on avait presque atteint un accord en 2005 - les contours semblent clairs. J'ai l'impression que le compromis est déjà sur la table mais qu'il y a comme une incapacité à conclure et à s'engager.

J'espère néanmoins que cette crise pourra amener une réflexion sur le fédéralisme belge. Que ce système fédéral - qui s'est un peu créé "en stoemelinks" au fil de 5 réformes de l'Etat - devienne un système efficace et démocratique et non juste un moyen de pacifier des conflits.