"Mon fils a été enterré dans une fosse commune en Syrie"

Belgique

Lamfalussy Christophe

Publié le - Mis à jour le

"Mon fils a été enterré dans une fosse commune en Syrie"
© AFP

Le jeune Belge de 19 ans, tué la semaine dernière en Syrie, a été enterré là-bas dans une fosse commune. Il était parti le 13 août dernier de Vilvorde, juste après la fin du Ramadan, a indiqué sa mère à "La Libre".

Ses parents, un couple bien intégré en Belgique et qui travaille, sont effondrés. "On a reçu un coup de fil dimanche en arabe annonçant qu’il était mort en martyr et en opération, dit sa mère. Il a été enterré dans une fosse commune. On doit maintenant faire son deuil, sans savoir où il est enterré. J’espérais mourir avant lui. Il n’y a pas pire que la mort d’un enfant."

Une veillée religieuse est organisée pour les proches ce samedi, la mosquée refusant la traditionnelle cérémonie mortuaire du fait qu’il n’y a pas de corps. Pour la même raison, un certificat de décès ne peut pas être établi avant cinq ans par les autorités belges.

"La dernière fois que nous lui avions parlé, c’était il y a deux mois. Il demandait de l’argent pour se marier et acheter une voiture. Nous avons refusé car nous ne voulions pas marcher dans ce jeu-là. Il a dit : puisque c’est comme cela, je ne vous parle plus. Nous nous sommes quittés sur une dispute", regrette la mère, qui demande que son nom et celui de son fils ne soient pas cités.

Les parents ont été pris de court par la radicalisation du jeune Vilvordois. Leur fils été approché dans un bar à chicha, puis rapidement endoctriné par un groupe salafiste. La radicalisation, foudroyante, a débuté en avril dernier. Il s’est laissé pousser la barbe. Lors des vacances au Maroc en juillet dernier, "il ne sortait jamais. Il n’allait jamais à la piscine. C’était prière et Facebook."

En Syrie, il a été embrigadé par un groupe radical où figurent plusieurs ressortissants belges. Il affirmait à ses parents ne pas être obligé à se battre. Il le faisait par conviction, lui qui n’avait jamais appris le maniement des armes et avait, selon sa mère, "peur d’une araignée".

Sa mère a créé un collectif à Vilvorde pour les parents qui sont dans le même cas et ont besoin de soutien (1).

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