L'acte qui a visé lundi soir la mosquée chiite Rida à Anderlecht et qui a coûté la vie à l'imam, ne reflète pas la réalité du terrain où les chiites et les sunnites vivent dans le respect, a souligné mardi matin Isabelle Praile, vice-présidente de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB).

L'EMB présente ses condoléances à la famille de la victime et condamne l'acte qu'il espère isolé. Pour Isabelle Praile, la communauté musulmane est en état de choc et l'incident ne reflète pas la réalité du terrain où malgré des divergences d'opinions, les chiites et les sunnites vivent dans le respect de l'autre.

La mosquée Rida est le plus important centre chiite de Belgique. Notre pays en recense une douzaine sur un total de quelque 300 mosquées. La vice-présidente de l'EMB décrit la mosquée comme un lieu de culte où cohabitent aussi bien des Libanais, que des Marocains ou des Irakiens. Selon elle, "l'imam était quelqu'un de sage et réservé" prônant le dialogue. La mosquée avait fait l'objet de menaces en 2007 et la sécurité y avait été renforcée.

La vice-présidente de l'EMB dénonce par ailleurs les discours d'incitation à la haine et elle regrette l'importation de conflits internationaux en Belgique.

Isabelle Praile lance un appel aux responsables de l'Exécutif et aux politiques pour "rassurer les esprits" et mettre en place des mesures de sécurité car elle estime que "le sentiment d'insécurité des chiites a été ravivé" à la suite de l'incident de lundi soir. Elle dit craindre que l'attaque contre la mosquée constitue un élément déclencheur d'autres incidents.