En vieux briscard de la tuyauterie belge, Philippe Moureaux (PS) revient sur la polémique qui agite la Flandre à la suite du discours royal de fin d’année. Et évoque un débat inévitable sur le rôle de la monarchie en Belgique.

Cette référence aux années 30 était-elle une erreur selon vous ?

Je pense qu’elle n’est pas fausse. On me l’a d’ailleurs personnellement reprochée un jour. Maintenant est-ce que c’était indispensable dans un discours ? Je ne sais pas. J’ai des doutes sur l’opportunité de tout ce débat mais en tout état de cause, ce n’est pas la fin du monde. C’est un rappel de certains principes. Dans les circonstances actuelles, on aurait pu s’en passer. Ce n’est pas choquant en soi mais c’est peut-être une erreur face à l’atmosphère qui règne pour le moment en Flandre.

Le Premier ministre aurait-il dû être plus attentif à ce risque ?

Je ne sais pas dans quelles circonstances cela s’est fait.

Comme l’usage le veut, apparemment.

Oui. Mais si on prenait ce texte in abstracto, ce n’est pas un discours fracassant. Je constate que dans la sensibilité actuelle au nord du pays, on ne peut quasi plus rien dire au départ du chef de l’Etat.

Même les Flamands modérés se sont offusqués de cette référence.

Oui. Ce qu’a dit le Roi n’est pourtant pas une nouveauté. Il y a une nervosité de ce côté qui est assez extraordinaire. En plus, le vrai souverain de la Flandre est M. De Wever. On a tellement peur de l’effleurer, de faire des allusions qui pourraient faire penser qu’on s’attaque à lui. On n’ose plus rien dire.

C’est tout de même une formidable occasion pour lui de revenir avec ses revendications.

C’est pour cela que je pense que ce n’était pas tellement opportun. On sait bien que Bart De Wever allait jouer la victime. Mais ce qui est le plus inquiétant, c’est de voir tout le ramdam que l’ont fait autour de quelque chose qui, somme toute, aurait déjà été oublié si on n’avait pas fait tout ce chahut.

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