Belgique C'est ce qu'on appelle un "bad buzz". Un message relatant un incident survenu sur un camp de la Fédération des Scouts Baden-Powell de Belgique circulait de manière intensive sur Facebook depuis lundi. Il a été repris et relayé, alors que la fédération n'était - ce matin - pas encore en mesure de commenter les faits. Retrouvez ici l'entretien réalisé ce matin par LaLibre.be.

Sur les photos, on voyait un casier de Jupiler et des bouteilles vides éparpillées autour. Elles étaient prises par une dame qui avait raccompagné au camp de jeunes scouts que leurs chefs n'auraient pas ravitaillés. "Parce qu'ils ne s'étaient pas levés" -sous-entendu - ils étaient bourrés. La polémique sur la consommation (parfois) abusive d'alcool dans les camps scouts repartait de plus belle.

Aucun excès

Des responsables de la Fédération des scouts se sont rendus immédiatement sur le lieu du camp incriminé. Après vérification, 17 bières ont été consommées sur une soirée par une dizaine d’adultes au total (animateurs et intendants), "soit une consommation responsable et qui ne justifie en rien les nombreuses attaques reçues par les animateurs sur les réseaux sociaux", regrettent les Scouts.

La Fédération déplore l’intrusion sur un camp (une propriété privée) d’une personne non autorisée qui a pris des photos partiales et orientées. L'intéressée a d'ailleurs retiré son "post" de son mur Facebook en fin de matinée.

Contrairement à ce qui a été affirmé, les animateurs étaient disponibles à 9h30. Ils ont effectivement manqué l’appel téléphonique mais ont tenté de rappeler l'appelant vers 9h35. Sans réponse.

La marche que la patrouille d’éclaireurs accomplissait en autonomie durant la journée relève d’une activité scoute habituelle (un hike), indique la fédération. "Aucun ravitaillement n’était prévu ce matin-là, car les éclaireurs étaient suffisamment pourvus en vivres et en équipements", précise-t-il. Deux visites des animateurs aux éclaireurs étaient programmées plus tard dans la journée.

Aucune raison de suspendre le camp

Il était tout à fait imprévu que des scouts arrivent sur le camp avant le jour suivant, ce qui explique le relâchement des animateurs quant à la tenue en ordre de leur lieu de réunion, justifie encore la Fédération.

Suite au ramdam sur les réseaux sociaux, les chefs scouts ont eu droit à une visite de la police dans leur prairie. Qui a estimé, suite à leur contrôle, qu’il n’y avait aucune raison de suspendre celui-ci, étant donné la qualité de la gestion des animateurs.

"Aujourd’hui, une vingtaine d’éclaireurs âgés de 12 à 16 ans et les jeunes adultes qui les accompagnent sont déstabilisés. Le hasard et une certaine malveillance ont installé sur leur camp un climat d’incertitude et de tristesse", déplore la Fédération des scouts, qui les soutient sans réserve.

Sur l’ensemble des camps organisés chaque année, on dénombre un nombre très limité d’incidents. "C’est malheureusement le plus souvent sur ceux-là que l’attention médiatique et publique se focalise", ajoutent les Scouts. "Que les centaines d’heures données gratuitement par chacun de nos animateurs chaque année au service de l’éducation de dizaines de milliers de jeunes soient occultées par ce type de « bad buzz », initié de manière indue et dénué de fondement, est un bien amer constat". De fait.