prosélytisme ?

La députée régionale MR Marion Lemesre (MR), également échevine de l’Emploi et de l’Economie à la ville de Bruxelles, a dénoncé, lundi, des propos repris sur le site de l’ASBL "Les Petits Savants". Propos qui laissent entendre que les écoles belges sont tenues par des "institutrices mécréantes qui font faire aux enfants des activités qu’Allah n’agrée pas".

Cette ASBL a été créée par deux mamans de confession musulmane qui ont fait le choix d’instruire leurs enfants à la maison et ont, dans la foulée, eu l’idée de créer une association dont l’objectif est de mettre en place des activités ouvertes, dans un premier temps, aux enfants scolarisés à la maison jusqu’à l’âge de six ans et "par la suite incha Allah aux plus grands".

Elles sont parties du principe que la société n’offrait guère d’activités intéressantes à ces jeunes enfants, alors qu’il est "très important pour eux de recevoir un bon enseignement islamique depuis leur plus jeune âge" et de leur permettre d’avoir accès à des activités qui les aident à s’épanouir "au niveau éducatif traditionnel et islamique".

Elles demandent aux autres mamans motivées comme elles de les aider dans leur projet. Les activités qu’elles se proposent de mettre sur pied seront payantes, expliquent-elles, mais l’argent récolté sera utilisé pour l’achat de matériel et pour des sorties.

"Nous souhaitons", ajoutent-elles, "mettre en place un système de prêt de livres pour les enfants pour l’apprentissage de l’arabe et l’apprentissage du Coran".

Selon Mme Lemesre, les responsables de cette ASBL demandent à leurs "sœurs" de les aider à faire la promotion de l’instruction des enfants musulmans en famille plutôt que de les envoyer dans des écoles publiques.

Affiche provocatrice ?

Le site des "Petits Savants" contient une série de liens qui interpellent, notamment sous la rubrique "Avis des savants".

C’est ainsi qu’on donne à lire le texte d’un certain cheikh Mouhammad Omar Bâzmoul, lequel considère que "nos écoles sont tenues par des institutrices mécréantes qui font faire aux enfants des activités qu’Allah n’agrée pas", faisant référence au chant, à la danse ou à l’art plastique.

A la question "Est-il permis que les musulmans mettent leurs enfants dans les écoles des mécréants, sachant les nombreuses contradictions avec la législation islamique qu’il y a dans leurs écoles et les effets qu’elles ont sur nos enfants ?", le cheikh répond : "Il ne leur est pas permis de les inscrire dans les écoles des non-musulmans, surtout quand ces écoles enseignent des choses qui sont étrangères à la religion, comme la croyance des chrétiens ou des juifs ou d’autres choses interdites".

Mme Lemesre s’inquiète des propos relayés par le site mais se dit aussi "interpellée" par l’affiche d’un salon appelé "Les Perles de la Oumma" et destiné aux femmes musulmanes. Ce salon se tiendra le 3 février place Bockstael, à Bruxelles. "L’affiche présente l’image d’une femme intégralement voilée", dénonce l’élue bruxelloise.