Ils sont épuisés physiquement et nerveusement rapportent nos confrères de La Dernière Heure.

À en croire le secrétaire national du SNPS, les policiers belges n’ont jamais été aussi en colère que ces dernières semaines. "Ils sont à bout, tant physiquement que psychologiquement. J’ai même dû lancer un appel au calme à la base. Certains sont prêts à lancer des actions assez dures pour se faire enfin entendre. Ils sont totalement à bout", s’exclame Thierry Belin qui invite par ailleurs tous les policiers à se rendre chez leur médecin ce mardi (voir article ci-dessous).

Et si le ras-le-bol est manifeste au sein de la police, c’est principalement pour les 5 raisons suivantes :

1. L’âge de la pension

"On se retrouve avec un départ à la retraite retardé de plusieurs années pour une pension moindre. Et on compare notre métier à celui des autres fonctionnaires. Être policier, c’est intervenir la nuit pour des bagarres, des vols, des meurtres. Être policier, c’est arrêter des malfrats. Être policier, ce n’est pas être un fonctionnaire comme un autre, avec tout le respect que j’ai pour les autres membres de la fonction publique", s’exclame le secrétaire national du SNPS.

2. La nouvelle loi disciplinaire

Approuvé par le Conseil des ministres en juin dernier, l’avant-projet de loi de Jan Jambon et Koen Geens sur le statut disciplinaire fait déjà bondir les syndicats. Tant du côté du SLFP que du SNPS, on conteste la retenue sur salaire systématique désormais fixée à 15 % pour chaque policier qui viendrait à enfreindre la loi disciplinaire. "Nous sommes considérés comme des sous-citoyens. Les malfrats qui passent devant le tribunal ont plus de droits que nous, policiers qui passerons devant une instance disciplinaire en interne !", s’énerve Thierry Belin, contestant les nouvelles sanctions possibles.

Jusqu’ici, la retenue sur salaire était considérée comme une sanction lourde mais avec la nouvelle loi, elle s’imposera même pour les plus petits écarts.

3. Les jours de maladie

Là, les avis divergent en fonction des syndicats. Pour le SNPS de Thierry Belin, il est inadmissible de voir les policiers bientôt payés seulement 60 % de leur salaire au bout de 30 jours de maladie. "Un fonctionnaire qui travaille derrière un bureau, peut s’y rendre même avec une entorse au pied. Un policier lui, il doit courir. On doit arrêter de nous comparer aux autres membres de la fonction publique."

Pour le SLFP en revanche, des solutions se profilent. "Le système que le gouvernement se propose de mettre en œuvre semble meilleur que l’actuel. Tout va se jouer dans les détails d’exécution. Et nous, SLFP Police, nous avons proposé au ministre une solution qui est la suivante : le policier qui est en maladie plus de 30 jours pourra passer devant une commission d’inaptitude. Celle-ci lui garantira alors 100 % de ses revenus si nécessaire", précise Vincent Gilles. Une commission pour trancher au cas par cas. Voilà qui permettra aussi de lutter contre le taux d’absentéisme, plus élevé que la moyenne des fonctionnaires, au sein de la police. Il se situe actuellement autour des 8 %, contre 6 % pour les autres membres de la fonction publique.

4. Les salaires

Là, tous les syndicats se rejoignent pour dénoncer des salaires trop bas au sein de la police. Et vous le verrez dans l’article ci-contre, certains ajustements seront réalisés tout prochainement. Ce qui n’est toutefois pas encore assez, estiment les policiers.

5. Les libérations anticipées

C’est la nouvelle qui a fait déborder le vase ce week-end. La libération anticipée d’un des meurtriers de Kitty Van Nieuwenhuysen et les autorisations de sortie accordées à son complice, ont provoqué la colère de milliers de policiers à travers tout le pays. Pour eux, il s’agit là d’un très mauvais signal donné aux malfrats par la justice. "Là, on leur dit : tuez des policiers, vous n’exécuterez jamais une lourde peine ! Comment voulez-vous motiver des jeunes à nous rejoindre avec ce type de décision, alors qu’on manque déjà tant de personnel ?", conclut Thierry Belin.