Belgique

Dimanche matin, palais des Congrès de Liège. La salle est pleine à craquer et surchauffée. Standing ovation pour l’entrée d’Elio et aussi, peu après, pour celle de Thierry Giet qui connaît sa première heure de gloire. A 224 jours des élections communales et provinciales, le Parti socialiste se met en campagne.

A la tribune, des mandataires vont se succéder pour présenter les grands thèmes du programme élaboré par l’Institut Emile Vandervelde et soumis aux amendements des fédérations. Sans surprise, " notre plus grand combat, c’est d’améliorer le quotidien des citoyens ", dira le président faisant fonction. Il est notamment question de mettre sur le marché plusieurs milliers de nouveaux logements, particulièrement à loyers modérés, de relever le défi de l’accueil des enfants face à la croissance démographique, d’investir dans les entreprises d’économie sociale, de veiller à la bonne gouvernance, d’organiser la supracommunalité, de promouvoir la biodiversité, mais aussi "de garantir à chaque citoyen de vivre en sécurité ".

Même en marchant sur des œufs, un accent sensible est mis sur ce dernier point, porté par les représentants des grandes villes, Charles Picqué et Willy Demeyer en tête. " Certains d’entre vous sont inquiets quand on parle de sécurité. De moins en moins d’ailleurs ", relève le ministre-Président de la Région de Bruxelles Capitale. " C’est un thème sur lequel la droite va tenter de mettre nos bourgmestres en difficulté ", prévient celui de Liège, qui annonce le renforcement de la lutte contre les incivilités et de la présence des policiers de terrain ainsi que des collaborations, voire des fusions entre zones de police (à l’instar du peloton antibanditisme liégeois qui couvre cinq zones). Et d’ajouter : " Nous aimons ces élections parce que nous sommes proches des gens et que nous avons vocation de régler leurs problèmes au quotidien ."

Dans un autre domaine, un très bon applaudimètre salue cette proposition énoncée par la députée fédérale mouscronnoise Christiane Vienne : " Que tout transfert de mission vers les CPAS soit accompagné d’une juste adaptation des moyens de ceux-ci ." Au député provincial liégeois Paul-Emile Mottard, par ailleurs président de l’Association des provinces wallonnes, revient la tâche d’exprimer l’attachement du PS pour ce niveau de pouvoir : " Elles conservent toute leur pertinence même si elles doivent évoluer, resserrer leur action sur des compétences auxquelles elles apportent une véritable valeur ajoutée ."

Dans son discours, Thierry Giet reprend et synthétise ces différents points, non sans y aller d’une digression sur l’actualité et particulièrement le conclave budgétaire fédéral qui doit débuter dans l’après-midi. " Le PS veut un budget éthique et moral, un budget qui ne fasse pas mal à la population ! " Pas question, bien sûr, d’affaiblir la sécurité sociale, " un bouclier contre la crise ". Toucher à l’index, c’est non aussi. Mais " comment ne pas s’étonner que l’idée avancée par Laurette d’un impôt minimum pour les sociétés ait été si rapidement rabrouée ? Et en plus, rabrouer Laurette, ils ne savent pas quel risque ils prennent ! " (Rires). Et aussi, " pourquoi ne pas s’attaquer prioritairement aux niches fiscales qui profitent aux riches et qui n’ont plus de raison d’être ? Pourquoi ne pas combattre efficacement les mécanismes d’évasion fiscale mis en place par certains nantis privilégiés ? "

La messe est dite, l’envoi en mission est lancé : " Le parti n’est rien sans les militants. Vous êtes notre plus grande force. Celle que tous les partis nous jalousent ." Un kit du candidat sera remis à chacun, contenant un mode d’emploi législatif, un calendrier de campagne, des idées présentées didactiquement, des conseils en matière de marketing électoral, de communication, de relations avec la presse, de nouveaux médias

A leur arrivée au palais du bord de Meuse, les congressistes ont eu l’occasion de faire un premier exercice pratique de proximité. Ils ont été accueillis par des membres du personnel de l’Opéra royal de Wallonie (ORW), où la suppression d’une vingtaine de postes a été annoncée. " Vous devriez y être sensible ", a lancé Chantal Glaude, déléguée Steca-Culture, au Premier ministre. " Je suis sensible à l’art. Je connais bien le sujet ", a répondu celui-ci. " Pourquoi le sujet n’est-il pas défendu, alors ? " a repris l’interpellatrice du tac au tac. Elio Di Rupo a promis qu’il allait en parler à Fadila

Si "L’Internationale" a été chantée à l’ouverture du congrès, c’est au son de "La Bella Ciao" qu’il est clôturé. Même si on fait pareil dans les meetings du PS français, la plupart des élus appelés sur la scène, rose rouge à la main, n’en connaissent manifestement pas les paroles. Heureusement, comme dans tout bon programme politique, le refrain est facile.