La justice belge a validé mercredi l'évaluation de l'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) qui avait autorisé en novembre le redémarrage de Doel 3 et Tihange 2, déboutant une association qui plaidait la suspension d'exploitation en raison des milliers de fissures sur ces deux réacteurs.

L'association "Nucléaire Stop Kernenergie" avait assigné l'exploitant Electrabel (groupe Engie, ex-GDF Suez) en référé devant un tribunal de Bruxelles pour obtenir l'arrêt au moins provisoire de Doel 3 (nord) et Tihange 2 (est), qui représentent à eux deux un tiers de la puissance des sept réacteurs belges.

Elle souhaitait notamment que puissent être menées des expertises complémentaires pour déterminer l'origine des milliers de fissures des deux réacteurs et leur possible évolution durant l'exploitation.

Dans son ordonnance rendue mercredi, dont l'AFP a obtenu copie, la juge unique du tribunal civil, qui avait entendu les deux parties il y a un mois, a estimé qu'Electrabel avait procédé au redémarrage de Doel 3 et Tihange 2 "en vertu de deux décisions de l'AFCN qui prennent en considération le risque incertain sur l'environnement, au terme d'une évaluation sérieuse".

Résultat: "La demande principale (de l'association) est recevable mais non fondée", est-il ajouté.

"Tout le travail juridique est validé, la seule chose sur laquelle on n'a pas prise, c'est l'appréciation scientifique", a commenté Me Pierre Chomé, avocat de "Nucléaire Stop", joint par l'AFP. L'association doit se réunir vendredi pour décider d'un éventuel appel de cette décision, a-t-il précisé.

Doel 3, situé en Flandre-Orientale, et Tihange 2, dans la province de Liège, avaient été relancés fin décembre après un arrêt de près de deux ans lié à des craintes sur leur sûreté en raison de fissures dans les parois de leur cuve. Les deux réacteurs comptaient environ 13.000 fissures liées à l'action de l'hydrogène pour Doel 3 et 3.150 pour Tihange 2, selon des études publiées début 2015. Les plus grandes atteignent 18 centimètres.

"Doel se trouve à 12 km de la Grand-Place d'Anvers, dans une zone d'industrie pétrochimique. Si une catastrophe devait arriver cela ferait disparaître 10% du PIB belge", avait affirmé en février Léo Tubbax, qui préside "Nucléaire Stop".