Une spectaculaire fuite de données informatiques issues de dizaines de milliers de sociétés offshore et de particuliers a été analysée par 86 journalistes du monde entier.

Dans ces documents, divulgués par l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), figurent plus d’une centaine de noms de Belges, annonce Le Soir. Ces Belges "ont eu recours à des sociétés fiduciaires asiatiques - Singapour, Malaisie, Hong Kong - pour éviter de faire entrer en Belgique des revenus gagnés à l’étranger, ou simplement pour faire fuir des revenus jamais déclarés sur le territoire national", précise le quotidien.

Parmi les fraudeurs belges, on dénombre "de nombreux diamantaires anversois d’origine indienne, des conseillers fiscaux des trois régions du pays, des cadres de banques œuvrant pour le compte de leurs clients, et de nombreux particuliers". Ceux-ci proviennent notamment d’Anvers, de Coxyde, de Schoten de Zottegem, de Bruxelles, d’Uccle, d'Ixelles, de Waterloo, de Dinant ou d'Hannut. Des laboratoires pharmaceutiques sont également cités. Par contre, il n'y a ni patron du Bel20 ni politicien.

"Commencer des enquêtes"

Contactés par Le Soir, certains particuliers cités dans les documents réfutent. D'autres admettent que les renseignements (numéro d’identification du Belge à Singapour, nom des sociétés, nom des associés, fiduciaire, actionnaires) sont exacts. "D’une précision décapante", ajoute même le quotidien.

De son côté, le secrétaire d'Etat chargé de la lutte contre la fraude fiscale, John Crombez, a indiqué que les informations dévoilées allaient être examinées pour "commencer des enquêtes". "Les efforts entrepris au niveau mondial pour accroître la transparence des banques commencent à porter leurs fruits et conduisent à ce que des informations deviennent publiques", a-t-il fait remarquer.

Des données secrètes qui ne peuvent être transmises

L'ICIJ a débuté une vaste enquête sur les paradis fiscaux il y a 15 mois après avoir pris connaissance de fichiers secrets de plus de 120.000 sociétés et trust offshore. Il y a dix mois, une courte liste comprenant les noms de Belges a été dressée et le journaliste du Soir Alain Lallemand s'est vu proposer la tâche d'analyser ces informations. Ce n'est que fin mars de cette année qu'il a pu finalement enquêter à partir de ces données brutes. M. Lallemand précise qu'il ne peut transmettre en aucun cas directement les données secrètes dont il n'est pas propriétaire mais qu'il peut uniquement communiquer des interprétations de ces données.