Onkelinx jette Unisys hors du projet "Phénix"

Belgique

R.P.

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Onkelinx jette Unisys hors du projet "Phénix"
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Le contrat d'informatisation de la justice, mieux connu sous le nom de Phénix, vient d'être rompu par le gouvernement fédéral sur proposition de la ministre de la Justice". Voilà comment s'ouvre le communiqué officiel diffusé mercredi après-midi et dont les effets, pour spectaculaires qu'ils deviennent, ne seront pas une surprise pour les observateurs du monde judiciaire.

Celui-ci se plaignait en effet depuis belle lurette de lacunes et de légèretés dans la gestion du projet par la société américaine.

Il semble donc que Laurette Onkelinx (PS) en avait ras-le-bol et qu'elle ne pouvait laisser un tel chantier à son successeur. "Cette décision était inévitable, vu les retards accumulés par la firme et le manque manifeste de qualité des prestations fournies", fait-elle savoir. C'est même en front commun qu'Unisys s'est fait éjecter, puisque la ministre a reçu le soutien de l'ordre judiciaire et de la Fedict, l'administration en charge de l'informatisation de l'Etat, l'inspection des Finances ayant de surcroît approuvé. De plus, "le gouvernement prendra toutes les mesures utiles afin d'obtenir le dédommagement du préjudice important subi par l'Etat". Le marché "pesait" 22 millions d'euros.

Les principes du projet Phénix avaient été adoptés en 2000 : uniformiser les outils informatiques de la justice; instaurer le dossier judiciaire électronique; accélérer et simplifier le travail du personnel judiciaire; faciliter les échanges entre l'ordre judiciaire et les auxiliaires de la justice (avocats, huissiers, notaires, experts) ainsi qu'avec le justiciable.

Après un appel d'offres, le marché avait été octroyé à Unisys fin 2001, la phase de développement étant lancée à la mi-2003. La première expérience-pilote d'avril 2005 avait franchement déçu et la remédiation n'avait pas amélioré grand-chose, indique le communiqué. Il n'est même plus possible de compter sur Unisys ("Les chances de succès sont très minces"), a estimé le gouvernement après avoir mis la firme en demeure de réagir, mais en vain.

De son côté, Unisys "déplore que l'expérience et le dévouement de ses collaborateurs soient mis en doute" et évoque des "manquements graves" du propre département de Mme Onkelinx. Laquelle serait dans "l'incapacité [...] de déployer au sein de la Justice le cadre indispensable à la réussite du projet". Unisys, qui fait état de ses "nombreuses propositions constructives [...] restées sans suite", a décidé de demander des dommages en justice à cause du choix et de la communication faite sur le sujet par la ministre.

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