L’on savait déjà que Laurette Onkelinx n’était pas une "fan" de Mgr Léonard. Dès l’arrivée du prélat namurois à la tête de l’archevêché de Malines-Bruxelles, la vice-Première ministre PS avait clamé qu’il était "une menace pour le compromis belge". Elle avait en effet jugé problématique le fait que le nouvel archevêque ait remis en cause à plusieurs reprises des décisions du Parlement belge. Laurette Onkelinx avait déploré le départ de son prédécesseur, le cardinal Danneels, qui avait "une parole d’ouverture et de tolérance dans laquelle laïques et non-laïques pouvaient se retrouver". Ce qui selon elle, avait permis d’harmoniser leurs relations, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Quelques mois plus tard, après les remous suscités par le livre d’entretiens de l’archevêque avec Louis Mathoux notamment sur les homosexuels et le sida, elle avait répondu lors d’une interpellation d’une sénatrice Open VLD qu’"André-Joseph Léonard bafoue le principe de liberté sexuelle".

Dimanche midi chez Pascal Vrebos, amenée à coter l’archevêque après ses derniers écrits qui disent aux chrétiens comment ils doivent agir dans leur vie et dans le monde - voir "La Libre Belgique" du 7 janvier - la ministre bruxelloise n’a pas été plus tendre et a attribué un zéro plein au "patron" de l’archidiocèse Malines-Bruxelles, ajoutant que "les croyants (catholiques) de notre pays mériteraient d’avoir un autre représentant". Ce disant, la ministre ciblait surtout ses récents propos sur "les nombreux abus de la démocratie parlementaire". Pour rappel, dans le chapitre du livre sur les chrétiens et la politique, l’archevêque disait regretter que "le Parlement s’attribue le droit de décider par vote majoritaire du sens de la sexualité, de la différence du masculin et du féminin, de la signification du mot ‘mariage’, du rapport métaphysique de l’être humain à la finitude et à la mort, de la qualité des embryons méritant ou non d’être respectés, etc".

S’il espérait de la sorte se rapprocher des chrétiens politiques historiques, entendez : surtout du CD&V, c’est raté car le chef de groupe de ce parti à la Chambre, Raf Terwingen qui avait eu l’occasion de le rencontrer à la commission Lalieux a dit que "Mgr Léonard cherche de nouveau la controverse alors que j’aurais apprécié qu’il fasse montre d’un peu plus d’empathie. Je pense au contraire qu’il est bien que la politique se penche sur les évolutions sociétales en matière de fin de vie ou de nouvelles formes de vivre ensemble. Cela ne nous rend pas moins chrétiens-démocrates".

Comme si ça ne suffisait pas, la responsable de l’Enseignement catholique flamand, Mieke Van Hecke, a aussi réagi aux propos critiques de l’archevêque sur l’évolution de l’école chrétienne : "D’accord, nous ne parlons plus la langue des religieux d’antan. Mais rassurez-vous, Monseigneur, les valeurs chrétiennes sont toujours bel et bien là "