Orange bleue en perdition

Orange bleue en perdition
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Belgique

M. Bu. et V.d.W.

Publié le - Mis à jour le

Mardi noir pour l'orange bleue. Et le mercredi s'annonce (encore) pire. A la veille de l'expiration de l'ultimatum flamand sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le cartel et l'Open VLD ont décidé, réunis ensemble mardi dans la soirée, de ne pas lever cette hypothèque qu'ils faisaient peser sur le futur de l'orange bleue. "On en a marre ! , témoigne un négociateur flamand présent lors de cette réunion. On va voter ce mercredi." Une ultime version du cadre de négociation sur Bruxelles-Hal-Vilvorde devrait être proposée, ce matin, par les partis flamands aux francophones. A prendre ou à laisser...

Le formateur Yves Leterme n'a pas souhaité assister à la réunion durant laquelle la décision de voter a été prise et a donc quitté, mardi vers 21 h, précipitemment, la rue de la Loi. Les partis flamands - l'Open VLD et le cartel CD & V/N-VA - ont choisi de "passer en force" ce mercredi suite aux critiques réptées du MR, l'après-midi même, contre les propositions du formateur. Selon Yves Leterme, les partis flamands sont, néanmoins, disposés, à discuter des propositions qu'il a formulées sur Bruxelles-Hal-Vilvorde ainsi que sur le programme général du gouvernement. Problème, le cadre BHV proposé par le formateur a été jugé "inutile" et "insuffisant" par Olivier Maingain. Au JT de la RTBF, Olivier Maingain a indiqué qu'un vote en commission signifierait la fin de la mission d'Yves Leterme. Quant au patron du MR Didier Reynders, il a conseillé au cartel du formateur de ne plus brandir la menace d'un vote en commission...

Mais dès potron-minet, la nervosité était palpable dans les rangs des partis flamands. Les francophones étaient plus relax. Vers 12 heures 30, d'ailleurs, Didier Reynders et Joëlle Milquet mettaient au point leur stratégie commune.

A 14 heures 30, Leterme recevait les francophones. Mais l'heure de réunion passée avec le formateur n'apporte rien de neuf à l'heure de résoudre le casse-tête BHV. Les négociateurs passent les vingt premières minutes à éponger toute la pièce - les salons de la présidence à la Chambre - inondée par de soudaines fuites d'eau. Eh non, ce n'est pas un sabotage. Juste les conduites de l'air conditionné, réparé à grands frais cet été, qui ont explosé au plus mauvais moment. Bref, rideaux relevés, vases déplacés, Didier Reynders, Joëlle Milquet et toute la bande (des négociateurs francophones) se retrouvent à éponger les sols. On sauve les membres... BHV attendra. Pour le reste (le fond), les négociateurs CDH se calent dans la roue du MR et de l'aiguillon Olivier Maingain - le plus en pointe sur le dossier BHV. "C'est la première fois, résume un négociateur CDH, que l'on a senti les francophones unis à ce point sur un dossier".

"Débiter des conneries"

La réunion tourne autour d'une question : "comment sauver le formateur des conneries débitées par sa famille politique ?", ironise un francophone. Et dans le sac "des conneries", l'ultimatum martelé par les partis flamands - à savoir un passage en force lors de la commission de l'Intérieur de la Chambre ce mercredi - figure en bonne position. Le formateur Yves Leterme est "nerveux", dit-on. Et il y a de quoi : dans moins de vingt-deux heures, l'ultimatum posé par son cartel arrive à échéance. "Il s'est enfermé dans un verre d'eau, il est train de se noyer et il demande aux francophones de lui donner une échelle", résume un négociateur.

Très timidement, donc, le formateur dépose un cadre pour négocier la scission de BHV sur la table. Cette plateforme tient sur un feuillet qu'Yves Leterme confie à ses interlocuteurs avec ordre formel de le rendre après lecture. Stupeur des francophones. Ce texte est très restrictif et ne comporte pas les grandes demandes francophones en cas de scission. Celui-ci prévoit, notamment, qu'en contrepartie de la scission de BHV les électeurs francophones des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise puissent aller voter à Bruxelles. Des actions sont prévues pour la vie culturelle des francophones en périphérie, par le biais, notamment de jumelages : la belle affaire. Un refinancement de Bruxelles est suggéré de même que le maintien des droits des Flamands dans la capitale. Aucune solution n'est, à ce stade, proposée par Leterme pour la nomination des bourgmestres francophones des quatre communes.

Baisser le ton

Et, en prime, le formateur demande à chacun de respecter une consigne de silence et d'éviter les déclarations intempestives à la presse. La présidente du CDH s'éclipse par une sortie arrière, et s'en va cueillir ses enfants à la sortie de l'école qui, le soir, fêtent l'anniversaire de l'aîné, Raphaël, 16 ans. Pour le reste, il ne faut pas attendre longtemps avant qu'Olivier Maingain dégomme le "cadre Leterme".

Puis, en début de soirée, le président du MR regagne Liège pour présenter son ami Jacques Toubon, ancien ministre français de la Justice, à une conférence du barreau tandis que la présidente du CDH, reste à Bruxelles. La plénière attendue n'aura finalement pas lieu entre négociateurs francophones et négociateurs flamands. Seule "une perspective claire d'accord sur BHV" devait lever l'hypothèque d'un vote en commission. Elle n'est clairement pas présente. Et, dans la soirée, les partis flamands n'ont pu que le constater...

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