Belgique

Publiée dernièrement, une publicité du Forem pour une formation d'auxiliaire de ménage passe très mal auprès de certains…

Publiée notamment dans Proximag, le toute-boîtes des Editions de l'Avenir, une affiche publicitaire du Forem (le Service public de l'emploi et de la formation en Wallonie, pour rappel) est en train de s'attirer les foudres de divers observateurs. Que voit-on sur ladite pleine page publicitaire, dénoncée par une journaliste de notélé dans un premier temps, relayée par le site de fausses informations parodiques Nordpresse dans un second ? Une fillette en tablier Vichy, bigoudis dans les cheveux, gant de nettoyage et torchon au bout d'une main, produit d'entretien dans l'autre. L'affiche est affublée des mentions "Osez réaliser vos rêves…" et "Devenez auxiliaire de ménage". Des détails pratiques concernant la tenue de la formation qualifiante et certifiée, à Tournai, sont encore indiqués.

Bien entendu, il n'y absolument "rien de dégradant dans le fait de promouvoir le métier d'auxiliaire de ménage" précisent les commentateurs choqués par ce message publicitaire. C'est l'utilisation cliché d'une femme (pis, d'une fillette), vêtue comme il y a soixante ans, qui fait planer un soupçon rétrograde sur cette campagne, par ailleurs composée d'une dizaine d'autres images, nettement moins polémiques que celle-ci.

Contacté par nos soins, le service communication du Forem n'était pas encore en mesure de nous communiquer une réaction officielle ce mercredi matin. "C'est une affiche tirée d'une campagne avec une dizaine de visuels. Les autres sont très chouettes mais là, erreur assumée. Une accumulation de clichés... Nous nous en excusons. Platement", a toutefois expliqué Stéphanie Wyard, responsable de la communication de l'organisme wallon.

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Isabelle Simonis sanctionne la publicité

Contactée par nos soins, Isabelle Simonis, Ministre du gouvernement wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour le Droit des Femmes et l'Egalité des Chances, sanctionne également la publicité en question : "la publicité du Forem est clairement sexiste et n'est certainement pas favorable à l'émancipation des femmes mais c'est malheureusement loin d'être un exemple isolé. De nombreuses publicités (et parfois campagne de sensibilisation publique) restent encore sexistes et véhiculent des messages inégalitaires entre hommes et femmes.Cet exemple est la preuve qu'il faut constamment sensibiliser les personnes, décideurs y compris, à lutter contre les stéréotypes et à travailler en faveur d'une société plus égalitaire. Aujourd'hui, c'est un faux pas du Forem, ils l'ont reconnu et s'en souviendront à l'avenir."

La Ministre rappelle encore, à ce titre, qu'elle travaille actuellement "pour développer un projet d'analyse des stéréotypes sexistes dans la publicité et conscientiser ainsi le plus grand nombre à ces représentations véhiculées à travers différents supports de communications." Grâce au travail mené en 2016 avec l'Assemblée participative pour les droits des femmes, Alter Égales, "d'autres pistes d'actions et de mesures sont également envisagées pour l'année qui arrive comme travailler sur la déconstruction des stéréotypes dans la formation des étudiants en journalisme, marketing et publicité ou intégrer la dimension de genre dans les cahiers de charges des pouvoirs publics, notamment pour les campagnes de sensibilisation".

Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice générale du Forem, reconnait "le manque de vigilance"

"Il y a eu un manque de vigilance de notre part et cette affiche est passée entre les mailles du filet", reconnait Marie-Kristine Vanbockestal. "Notre jeune équipe de communication composée de graphistes et de créatifs a mis en place une campagne de dix affiches consacrée aux métiers en pénurie".

L’administratice générale du Forem explique également le but initial de la campagne. "Le côté piquant de la campagne ciblait les rêves d'enfants. Sur la forme nous avons adopté un côté décalé qui est une technique de communication bien conue. Sur la dernière affiche un pas de trop a été franchi".

"Du coup nous sommes tombés dans le cliché sexiste, chose qui nous désole étant donné tous les supports que nous utilisons et qui disent l'inverse".