La grève déclenchée dimanche soir à Brussels Airport par les bagagistes d'Aviapartner -suivis par ceux de Flightcare- qui entendent protester contre la "surcharge de travail" causée par le rush estival et la réduction des effectifs, a failli s'achever lundi midi lorsque la direction a proposé la création d'une "équipe de réserve volante" pour alléger la tâche des 300 travailleurs et le paiement simultané d'heures supplémentaires.

Il n'en a rien été, vu que la base a rejeté en soirée des propositions que les représentants syndicaux voyaient pourtant d'un bon oeil. Le conflit sauvage, qui a démarré sans l'ombre d'un préavis, a occasionné une belle pagaille et causé préjudice à des milliers de passagers en partance...

Dans un premier temps, les représentants des travailleurs ont bien orchestré la manoeuvre. Proclamant que l'aéroport était "paralysé" et que la situation était "complètement bloquée", ils ont créé un mouvement de panique. Le central et le site de l'aéroport ont été pris d'assaut, les 25 000 personnes devant embarquer à Brussels Airport ou transiter par lui scrutant les horaires avec perplexité.

En définitive, hormis une série d'expériences individuelles très désagréables, la grève a eu des conséquences relativement limitées, entraînant des retards de quelques heures plus que des annulations de vols pures et simples.

Embarassante pour ceux qui en ont été les victimes et très mauvaise en terme d'image, la grève de lundi à l'aéroport aurait pu être évitée si le processus de négociation avait été mené correctement. S'il y a effectivement "des années" que le personnel d'Aviapartner se plaint de la surcharge de travail et de ses conditions salariales, on saisit mal pourquoi la direction, à laquelle il n'a pas fallu plus de quelques heures pour trouver la solution-miracle, n'a pas songé plus tôt à la mettre en oeuvre. On ne comprend pas davantage pourquoi les syndicats ont frappé au coeur des vacances d'été sans crier gare. Où irait-on si les entreprises affectées par une surcharge de travail s'arrêtaient de fonctionner ? Par les temps qui courent, l'économie ne serait plus très productive...

Les grévistes de l'aéroport donnent du grain à moudre aux pourfendeurs des "preneurs d'otages syndicaux" et aux défenseurs du service minimum. La grève sauvage qui se prolonge est inutile et inopportune. Gageons que la probable entrée en piste des syndicats nationaux mettra un terme sans délai à cette pénible aventure.

© La Libre Belgique 2008