La mise en place d’un parcours d’intégration pour les primo-arrivants en Wallonie avait, en son temps, fait l’objet d’un débat particulièrement houleux entre majorité Olivier et opposition MR. Cette dernière reprochant aux premiers de freiner des quatre fers dans un dossier sensible.

Constamment reporté, le dossier pourrait quand même être approuvé ce jeudi au gouvernement wallon. Pour Willy Borsus, chef de groupe MR, c’est trop tard : "On nous avait dit début 2013, puis courant 2013, maintenant, on nous dit 2014. Le point a été reporté lors du dernier gouvernement et il est encore à l’ordre du jour ce jeudi. S’il passe, il devra encore être envoyé au conseil d’état avant seulement d’arriver au Parlement. Le texte ne sera pas voté lors de cette législature", lance un Willy Borsus en colère qui dénonce encore le manque de volonté d’un gouvernement qui, dans ce dossier, fait preuve de "Mollesse". "Je sens une grande faiblesse au sein de la majorité. Nous sommes face à une coalition fortement marquée à gauche qui préfère se réfugier dans un consensus ouaté".

Et même si le projet de décret devait être approuvé ce matin, le texte ne convient pas non plus au MR : "Rejoindre notre société implique des droits et des devoirs. Le chômage touche fortement les populations d’origines étrangères. Dans le projet du gouvernement il n’y a quasiment rien d’obligatoire. Si on ne fait rien, les personnes concernées par ce parcours d’intégration seront les premières victimes. Quel est l’impact pour notre société de laisser des personnes sur le côté de la route sans perspectives d’emploi, d’intégration dans leur environnement ? Quel sera leur avenir et l’avenir de leurs enfants dans ces conditions ?".

Pour étayer son propos, Borsus se base sur une étude réalisée par la BNB (Banque nationale de Belgique) en décembre 2012 et qui indique que l’insertion des personnes d’origine étrangère sur le marché du travail est problématique en Belgique : "Le taux d’emploi des immigrés extra-européens était de 45,8 % en 2011, le plus bas de tous les états membres de l’UE. Mis en relation avec celui des personnes nées en Belgique, l’écart approche les 20 %".

Lutter contre le radicalisme

Mais le leader de l’opposition en Wallonie voit dans ce dossier un problème encore plus grave : "On constate actuellement une montée des radicalismes et on ne règle pas cette question pourtant fondamentale. Face au rejet de nos valeurs, un parcours d’intégration est plus que jamais nécessaire".

Pour rappel, le parcours d’intégration souhaité par le Gouvernement wallon impose au primo-arrivant présent depuis au moins trois ans en Belgique et disposant d’un titre de séjour de plus de trois mois de participer à une information de premier accueil. Durant cette séance, il sera informé sur les droits et devoirs de chaque personne résidant en Belgique. Il devra également se soumettre à un bilan social (connaissance des langues, diplômes, formations professionnelles, etc.). Il devra ensuite faire part de ses attentes et se verra proposer un accompagnement pour ses démarches administratives (accès au logement, soins de santé, etc.). Une amende administrative allant de 50 à 2 500 € est prévue en cas de non-respect de cette mesure. L’apprentissage de la langue et un contrat d’accompagnement de deux ans sont facultatifs.

Le MR veut aller plus loin : "Il est nécessaire que l’ensemble des démarches soient obligatoires pour permettre à chaque bénéficiaire d’acquérir l’autonomie qui émancipe. En Flandre, où le parcours est obligatoire, une première évaluation a révélé qu’environ 50 % des primo-arrivants qui ont signé un contrat d’accueil n’avaient pas été assidus et n’étaient dès lors pas parvenus à acquérir l’attestation finale… Qu’en sera-t-il en Wallonie si seul l’accueil est obligatoire ?", conclut Willy Borsus.