Belgique Une enquête pour blanchiment d’argent ordonnée par le Parquet fédéral et menée par le juge Claise.

Phoenix Ancient Art, la société des frères Ali et Hicham Aboutaam, des marchands d’art de réputation mondiale, est dans le collimateur de la justice belge, annonce Paris Match Belgique dans son édition qui sort ce jeudi.

Son bureau bruxellois, au 17 rue de la Régence près du Sablon, a été perquisitionné le 17 juin, de même qu’un entrepôt dans la banlieue bruxelloise où la société affirme conserver des antiquités destinées au marché belge.

La société, qui intéresse d’autres justices en Suisse et en France notamment, est soupçonnée de blanchiment. Les enquêteurs s’interrogent sur le rôle joué par un Français résidant depuis plusieurs années à Bruxelles, Jean-Baptiste Forestier, qui serait le gérant de la filiale bruxelloise de Phoenix Ancient Art et d’une autre société, 51 Gallery.

À l’origine, les enquêteurs belges s’étaient intéressés aux marchands libanais parce qu’Interpol Damas avait signalé que des pièces exposées en 2016 à la Brafa - la très réputée foire aux antiquités et objets d’art de Bruxelles - pouvaient provenir de fouilles illégales menées en Syrie. Il s’agissait d’une table en marbre et d’une stèle en albâtre. Mais ils ont aussi estimé qu’il y avait matière à examiner de près certains flux financiers transitant par Bruxelles.

Le journaliste Frédéric Loore, qui suit ces dossiers pour Paris-Match depuis plusieurs années, écrit que la Belgique est "un véritable point aveugle du marché international de l’art".

Mais cela commence à sentir le roussi. Ainsi la Chambre royale des antiquaires a démis de ses fonctions l’un de ses administrateurs qui avait été inquiété dans une autre affaire liée aux activités de Jaume Bagot, un marchand d’art ancien barcelonais.

A la suite de la parution de cet article, Olivier Theunissen, Vice-Président de la Chambre Royale des Antiquaires de Belgique, nous demande de préciser que son association « n’a émis un avis ni pris aucune décision concernant l’un de ses administrateurs, jamais ce conseil n’a demandé sa démission , et ne l’a non moins encore démis de ses fonctions ». « Il faut néanmoins préciser que lors des dernières élections du CA de notre association se déroulant à Gand lundi dernier , neuf candidats se présentaient pour huit postes à pourvoir , il en résulte dès lors qu’un des administrateurs sortant n’a pas été réélu au profit de l’un de ses confrères », ajoute-t-il.