Akim et Khalid Saouti ont été inculpés et placés sous mandat d’arrêt ce mercredi soir. Une importante cache d’armes découverte à Anderlecht.

La saisie d’armes est tout à fait sidérante. Entre de mauvaises mains, elles auraient permis un massacre. À la suite d’une enquête menée main dans la main par les polices belge et française, les enquêteurs ont retrouvé un véritable arsenal, planqué dans un box, à Anderlecht. Au total : trois kalachnikovs et une quinzaine de chargeurs, un riot gun, trois armes de poing et leurs munitions, des radios, deux gilets pare-balles, un gyrophare bleu, un uniforme d’une agence de sécurité, deux uniformes de police, un uniforme de la protection civile et quatre détonateurs. Ce résultat couronne une action internationale, grâce à la création d’une équipe commune d’enquête franco-belge qui a réussi à travailler dans la discrétion pendant des mois. L’enquête était totalement distincte de celle sur les attentats de Paris et Bruxelles.

Selon le parquet fédéral, c’est à un attentat que la Belgique – et peut-être la France – viennent d’échapper. La cible de l’attaque ne pouvait être précisée avec certitude. Peut-être n’était-elle pas encore définie, glisse une source proche de l’enquête.

Ce mercredi matin, cinq personnes ont été interpellées, dont quatre à Anderlecht et une à Wattignies (France), à deux pas de la frontière. En Belgique, deux hommes ont été inculpés pour participation à une organisation terroriste et placés en détention préventive par un juge d’instruction. Il s’agit d’Akim (40 ans) et Khalid (37 ans) Saouti, deux frères domiciliés à Anderlecht. Leur nom est tout sauf inconnu. Le second avait été condamné pour avoir aidé à l’évasion d’un autre de ses frères, de la prison de Forest, en 2002. Mais, surtout, les deux hommes sont les grands frères du, dorénavant, plus célèbre personnage de la fratrie : Saïd Saouti, prédicateur salafiste et ancien leader des Kamikaze Riders.

Surnommé Saïd Kamikaze, Saïd Delta Box III ou Kawaz Kr, Saouti était apparu dans le dossier criminel Sharia IV Belgium, sans être toutefois renvoyé devant le tribunal. En 2013, il était déjà considéré comme un extrémiste radical et un penseur salafiste, se référant à Anwar Awlaki, ancien idéologue en chef d’Al Qaïda en péninsule arabique. Il était surtout pour être dirigeant du groupe de motards, très connu en région bruxelloise, amateurs de cascades à pleine vitesse. Parmi les membres de ce groupe figurait Abdelouafi Elouassaki, mort sur la route en 2013 et membre d’une fratrie de djihadistes.

Saïd Saouti a été interpellé en décembre 2015, soupçonné d’avoir fomenté un projet d’attentat visant la Grand Place de Bruxelles. Finalement, l’enquête n’a pas pu démontrer qu’il existait bel et bien un projet d’attentat. Il a été condamné à six ans de prison en septembre 2016, à Bruxelles, pour participation à une organisation terroriste et recrutement dans un but terroriste.


Les Kamikazes Riders, déjà connus de la justice antiterroriste

Né en 2003 dans la banlieue bruxelloise, le gang des "Kamikazes Riders" est soupçonné d'avoir un lien avec des attentats déjoués à Bruxelles fin 2015. En octobre 2016, deux membres de ce groupe avaient été condamnés pour "appartenance à un groupe terroriste" lié à la mouvance jihadiste.

L'arrestation fin 2015 de ces deux hommes, Saïd Saouti, 30 ans, condamné à 6 ans de réclusion, et Mohamed Karay, 27 ans, condamné à 3 ans, avait mis la Belgique en émoi et provoqué l'annulation du feu d'artifice du Nouvel an à Bruxelles en raison de craintes d'attentats.

Les deux hommes étaient à l'époque soupçonnés d'avoir planifié une attaque du même type que les attentats jihadistes ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés.

Qui sont ces kamikaze riders ? Un article pour mieux comprendre !