Une réunion de concertation sur la peste porcine africaine s'est tenue lundi à Bruxelles. Les ministres wallon, flamand et fédéral de l'Agriculture ont eu un échange de vues avec le commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire sur les mesures prises et à prendre en province de Luxembourg.

René Collin, le ministre wallon de l'Agriculture (CDH), a annoncé que toute circulation dans le périmètre de sécurité de 63.000 hectares au sein duquel des cadavres de sangliers porteurs du virus ont été trouvés est désormais interdite jusqu'au 14 octobre inclus. Cela concerne non seulement les promeneurs mais aussi les chasseurs et les exploitants forestiers. Les autorités veulent ainsi éviter la dispersion des sangliers potentiellement malades.

La zone va être rigoureusement quadrillée

"On ne laissera pénétrer dans la forêt que celles et ceux qui vont travailler à détecter et prélever des cadavres de sangliers", a déclaré le ministre. Car, en effet, un quadrillage rigoureux de la zone va être effectué par les agents de la Division nature et forêts et des chasseurs qui ont spontanément proposé leur aide.

L'objectif est de trouver des cadavres de sangliers touchés par la peste et d'identifier plus précisément la zone d'infection. "Ensuite, une fois le périmètre réduit, tous les sangliers qui s'y trouvent seront abattus", indique le ministre.

Actuellement, cinq cadavres de sangliers ont été déclarés positifs à la peste porcine africaine, une maladie non-transmissible à l'homme mais extrêmement contagieuse pour les animaux. "Beaucoup d'autres cadavres sont à l'analyse. On va arriver à des dizaines voire 300, 400 sangliers, selon ce que les experts nous annoncent", a signalé René Collin.

La chasse et le nourrissage du gibier sont déjà interdits jusqu'au 14 octobre dans la zone circonscrite.

© Ministère de l'agriculture

Pour la soixantaine d'éleveurs de porcs ayant leur exploitation dans le périmètre des 63.000 hectares, des mesures de clôturage ou de confinement des animaux sont déjà en vigueur. Ils sont en outre tenus de désinfecter leur matériel agricole. Ils peuvent continuer à faire acheminer leurs porcs à l'abattoir mais les transporteurs doivent veiller à ce que ces animaux ne soient pas mélangés à d'autres dans les bétaillères; véhicules qui doivent évidemment être désinfectés.

Virus apporté par l'homme

"On est désormais sûrs que le virus a été acheminé en Belgique par voie humaine, des voyageurs ou des transporteurs routiers venant de pays où il y a un foyer, dont les vêtements, déchets ou roues de véhicules étaient contaminés", précise le ministre Collin. Les aires d'autoroute de la zone suspecte ont donc fait l'objet d'un nettoyage et sont sous surveillance accrue.

Les conséquences économiques de l'apparition de la peste porcine africaine en Wallonie pourraient être lourdes. Eleveurs, chasseurs et exploitants forestiers risquent de subir un manque à gagner. "C'est une crise très importante", souligne René Collin.

Des indemnisations seront possible

"S'il fallait abattre des porcs d'élevage, ce sera l'Agence fédérale pour la sécurité alimentaire (Afsca) qui dédommagera les agriculteurs", fait savoir le ministre. "Et nous réfléchissons à un processus d'indemnisation pour les chasseurs." Dans ce cas, la Wallonie pourra bénéficier du soutien financier de l'Europe.

Précisons encore que la concertation est aussi assurée avec les autorités françaises et luxembourgeoises. Le ministre Collin et le gouverneur de la province de Luxembourg rassembleront mardi les bourgmestres concernés, avant une seconde réunion à Arlon avec les préfets de trois départements français voisins, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et la Moselle, ainsi qu'avec les représentants des services agricoles et forestiers du Grand-Duché de Luxembourg.