Belgique

Ce sont désormais 28 cadavres de sangliers positifs au virus de la peste porcine africaine qui ont été retrouvés dans la zone de quarantaine de 63.000 hectares située au sud de la province de Luxembourg, communique ce mardi le ministère wallon de l'Agriculture. C'est huit de plus que le dernier décompte dont le ministre René Collin (CDH) a fait état devant les parlementaires wallons lundi.

On apprend également que le sanglier braconné en Gaume la nuit de samedi à dimanche, dans la zone pourtant interdite à toute circulation de personnes non autorisées, n'était pas atteint par le virus.

Le second quadrillage du périmètre infecté, par des agents de la Division nature et forêt aidés par des chasseurs, afin de trouver les cadavres de sangliers se termine ce mardi. Une évaluation de ce travail sera faite mercredi. 

"Ne pas aller trop vite"

Mais, alors que René Collin annonçait lundi aux parlementaires que tous les sangliers infectés avaient été retrouvés dans un périmètre de 2500 hectares, il est encore trop tôt pour réduire la zone de quarantaine à cette superficie. "Les experts de la Commission européenne, se basant sur leur expérience dans d'autres pays touchés par la peste porcine africaine, nous indiquent que nous devons nous attendre à retrouver quelque 400 sangliers infectés. On en est encore loin et il ne faut pas commettre l'erreur d'aller trop vite", précise le porte-parole du ministre.

De plus, il faut savoir que le virus, qui se transmet par contact direct, urine, excréments et sang entre animaux, reste actif pendant 120 jours dans les carcasses d'animaux infectés. La prudence reste donc de mise.

Ces carcasses sont incinérées après analyse au sein d'une entreprise spécialisée, tient à signaler le ministère de l'Agriculture, qui veut couper court aux rumeurs faisant état d'un stockage des cadavres dans un lieu privé.

Pas (encore ?) de clôture à la frontière française

Ce mardi, L'Avenir relayait la demande du président de la Fédération nationale porcine française qui souhaite la pose d'une clôture à la frontière française pour éviter toute propagation du virus via les sangliers. "Nous n'avons pas reçu de demande officielle en ce sens des autorités françaises, avec lesquelles nous sommes en contact régulier", déclare-t-on au cabinet Collin. Il n'y aura donc pas, pour l'instant peut-être, d'établissement d'une barrière physique entre les deux pays.

Aides aux éleveurs au cas par cas

Samedi, le gouvernement wallon a bouclé son budget. Neuf millions d'euros seront consacrés à la gestion de cette crise de la peste porcine : future pose de la clôture autour du périmètre infecté restreint, tests sur les carcasses de sangliers et aides aux éleveurs porcins de la zone de quarantaine qui ont été contraints de faire abattre leurs animaux pourtant sains, au nom du principe de précaution et sur arrêté ministériel fédéral.

"Seules sept exploitations sur les 58 de la zone sont fortement impactées car l'élevage porcin est leur principale activité économique", souligne le porte-parole de René Collin. "Le fédéral et l'Europe vont les indemniser pour les animaux abattus. Ensuite, le Collège des producteurs wallons va réaliser un cadastre exploitation par exploitation et l'accompagnement des éleveurs, dans des aides à la diversification par exemple, se fera au cas par cas. Le cellule Finagri pourra les aider à refaire un plan de gestion."

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